Dominique Besse n’a pas oublié Didier Seignole, disparu dans la nuit du 27 janvier 1994 à La Douze, en Dordogne. Aujourd’hui âgée de 62 ans, elle partageait la vie de Didier lorsqu’il a mystérieusement disparu après un entraînement de football.
"Au moment des faits, je n'avais pas encore réussi à établir un logement fixe avec lui. Didier faisait des allers-retours entre Brive, où je terminais mes études de professeur des écoles, et La Douze, pour prêter main-forte à ses parents à la ferme. Il plaisantait souvent en disant qu'il était 'sans domicile fixe'," raconte Dominique, un léger sourire dans la voix.
Le 28 janvier 1994, la jeune femme attendait Didier, qui devait la rejoindre pour le week-end. Elle se rappelle ce moment tragique : "J’ai appris sa disparition grâce à un appel de sa mère. Elle m’a annoncé que son fils n’était pas rentré chez lui après le match de foot. J’ai tout de suite pensé à l’hôpital, mais leur réponse fut désastreuse..."
Les jours qui ont suivi furent marqués par l’angoisse et l’incertitude. "J’ai été interrogée par les gendarmes, et ils m’ont posé des questions très personnelles. Je ne comprenais pas comment Didier avait pu disparaître ainsi. Je savais qu’il n'était pas parti volontairement," affirme Dominique avec une voix tremblante.
Des indices troublants
Selon elle, un détail a particulièrement attiré son attention : la présence du frein à main tiré dans la voiture de Didier. "Il ne l’utilisait jamais. Un garagiste lui avait dit que cela pouvait abîmer la voiture, il avait donc pour habitude de mettre une vitesse. C’est quelque chose qui me reste en tête," se rappelle Dominique.
Les années ont passé, mais Dominique a pris conscience que l’ombre de Didier plane toujours. Bien que la vie ait continué pour elle, avec un nouveau mariage et deux filles, l’empreinte de cette tragédie demeure vive. "Chaque fois qu’un article sur cette affaire est publié, je ressens une boule au ventre," confie-t-elle.
Des espoirs déchus
Suite à la réouverture de l’enquête par le pôle cold case du parquet de Nanterre en 2023, Dominique avait espéré que la vérité sur la disparition de Didier émergerait. Pourtant, elle se dit désormais "abasourdie" par les scénarios envisagés. "Tuer pour un terrain de 100 mètres carrés ? Cette idée me donne envie de vomir," déclare-t-elle, face à la tragédie qui continue de hanter son esprit.







