Au cœur de cette affaire, plusieurs milliers de clients, avides de grands vins, n'ont pas reçu les bouteilles commandées via le site, ce qui amène la vice-présidente du tribunal judiciaire de Paris, Christel Boynton, à décider du renvoi de Fabien Hyon et Émeric Sauty de Chalon, anciens responsables de 1855.com, liquidée en janvier 2015.
Cette affaire a débuté au milieu des années 2000, alors que la société proposait des ventes de vins en primeur, attirant des amateurs de France et de l’étranger. Cependant, malgré une réputation initialement solide, 1855.com a rapidement accumulé des difficultés financières, incapables d'honorer les commandes.
Près de 11 000 créanciers en attente
Fondée en 1995, la société a d'abord satisfait ses clients avant d'être cotée en bourse avec l'ambition de devenir une référence mondiale dans la distribution de vins fins. Cependant, les plaintes pour pratiques commerciales trompeuses se sont multipliées, notamment à Bordeaux et Paris, où près de 11 000 créanciers exigent environ 40 millions d'euros en remboursements.
Des enquêtes ont révélé que des bouteilles, comme un Yquem 2012, avaient été mises en vente alors qu'elles n'avaient jamais été produites.
Les autorités ont découvert que, malgré une chute de sa notoriété, 1855.com a tenté de maintenir ses activités en rachetant d'autres sociétés de vin, telle que caveprivee.com. Cependant, ces manœuvres n'ont pas suffi à regagner la confiance des clients perdus.
Les investigations menées par la Direction régionale des entreprises ont également mis en lumière un "écran juridique" formé par la création d’une société sœur, Chartrons, qui n’a pas pu redresser la trésorerie de l’entreprise.
Des conséquences sur l'industrie viticole
« C’est un cas complexe qui a nécessité l’intervention de plusieurs juges d’instruction », explique Maître Hélène Poulou, avocate de parties civiles représentant 500 clients. Les dirigeants ont réfuté les accusations, affirmant qu'ils avaient tout tenté pour sortir d'une situation devenue difficile, aggravée par le retrait de leur principal actionnaire.
Alors que le procès se profile, les clients concernés espèrent obtenir réparation tout en soulevant des questions plus larges sur la régulation des pratiques commerciales dans le secteur viticole en France. Cette affaire sera scrutée de près, tant par les médias que par les amateurs de vin, dans un climat déjà tendu au sein de l'industrie.







