La famille de Theo Sanha porte plainte contre l'État après la mort tragique de leur fils en prison

La détention de Theo Sanha soulève des questions sur la prise en charge des détenus vulnérables.
La famille de Theo Sanha porte plainte contre l'État après la mort tragique de leur fils en prison
Façade de prison (image d’illustration). pixarno / ADOBE STOCK

Incarcéré le 2 décembre 2021, Theo Sanha, 28 ans, devait être jugé le 11 janvier suivant pour non-respect d'une mesure administrative. Tragiquement, c’est à cette date qu'il est décédé, un fait appris par sa mère lors de son audience. Selon les premières constatations, le corps de Theo a été découvert dans un état déplorable, en position fœtale, entouré de déchets et d'urine, suscitant l'horreur et l’indignation.

La famille de Theo a décidé de porter l'affaire devant la justice administrative, accusant l'établissement pénitentiaire de l'avoir « abandonné ». Ce décès a mis en lumière des défaillances alarmantes dans la gestion de la santé mentale au sein de la prison de Fresnes. L'Inspection générale de la justice a, par ailleurs, souligné dans un rapport, une série de « négligences » qui ont contribué à ce drame.

Malgré six mentions au casier judiciaire de Theo, incluant des vols, des rapport médicaux révélant des problèmes psychologiques n’ont pas été suffisamment pris en compte. Le rapport de l'IGJ a noté qu'une « prise en charge adaptée » était nécessaire pour ce détenu, au lieu d'une gestion « déshumanisée ». Un juge d'instruction est actuellement saisi de l'affaire pour homicide involontaire, bien que l'enquête ait été close sans mise en examen à ce jour, rapporte l'AFP.

Le directeur de la maison d'arrêt, Jimmy Delliste, a évoqué une « gestion sécurisée pour ses déplacements » car Theo était considéré comme agressif. Cependant, cette approche aurait pu exacerber sa détérioration mentale. « Il aurait dû bénéficier d'une prise en charge médicale plutôt que d'être laissé dans cet état », a-t-il déclaré lors de son audition.

La famille, se sentant trahie par l’État, demande 50.000 euros pour préjudice moral et 5.000 euros pour frais de justice. Leur avocat, Antoine Ory, a déclaré que cette situation « souligne l'incapacité de l'administration pénitentiaire à gérer dignement des détenus en détresse psychologique ». Alors que le ministère de la Justice a été contacté par l'AFP, il n'a pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.

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