Claude Guéant, ancien secrétaire général de l'Élysée, conteste les affirmations de Nicolas Sarkozy lors du procès en appel sur le financement libyen de sa campagne.
Les tensions s'intensifient entre Nicolas Sarkozy et son ancien secrétaire général, Claude Guéant. Ce dernier a fait parvenir une seconde lettre à la cour d'appel de Paris, contredisant certaines déclarations de l'ancien président relatives à leur relation, rapportent plusieurs médias dont RTL et Marianne.
Claude Guéant, qui ne peut pas assister au procès pour des raisons de santé, avait déjà transmis une première attestation, lue le 14 avril dernier, dans laquelle il défendait son intégrité après que Sarkozy avait mis en doute sa probité. « Je n’ai jamais fait que servir de mon mieux », avait insisté Guéant, soulignant qu'il avait toujours suivi les instructions de son supérieur.
Dans sa seconde attestation, Guéant réfute la déclaration de Sarkozy selon laquelle ils ne se seraient pas connus « avant 2002 ». « Nicolas Sarkozy se trompe », déclare-t-il, affirmant avoir rencontré l'ancien président à plusieurs reprises durant les années 1986-1991, alors que Sarkozy était maire de Neuilly-sur-Seine.
Des révélations sur Kadhafi
Guéant révèle également qu'au cours d'un dîner officiel en juillet 2007 avec le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Sarkozy lui aurait demandé de le faire rappeler pour discuter d'Abdallah Senoussi, un proche de Kadhafi condamné à perpétuité en France. Selon Guéant, Sarkozy lui aurait demandé de « voir cela », insinuant qu’une grâce pour Senoussi pourrait être envisagée comme une contrepartie à un financement libyen de sa campagne. Cependant, Guéant reste ferme sur le fait qu'aucune mesure de grâce n'a jamais été envisagée, même s'il admet avoir « laissé les choses en suspens » pour maintenir des relations diplomatiques avec la Libye.
Alors que Nicolas Sarkozy a catégoriquement démenti cette possibilité lors du procès, il a été convoqué pour répondre aux accusations de Guéant dans les prochains jours. L’avocat de Guéant, Philippe Bouchez El Ghozi, a choisi de ne pas commenter cette situation, tout comme l’entourage de Sarkozy.







