D'après les données révélées par le ministère de la Justice, le nombre de détenus étrangers expulsés de France a progressé de manière spectaculaire, atteignant une augmentation de 70 % entre fin 2024 et avril 2026. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, s'est félicité de cette évolution, attribuant cette réussite à une "action déterminée et quotidienne".
Sur les réseaux sociaux, le ministre a confirmé que cette proportion concernait principalement les procédures de libérations conditionnelles-expulsions (LCE), une méthode mise en avant dans une information initiale rapportée par Europe 1. Au 1er avril, la France comptait 88 419 détenus, parmi lesquels 21 329 étaient des étrangers, représentant ainsi 24 % de la population carcérale.
Une politique axée sur l'efficacité
Ce tournant dans la politique d'expulsion peut s'expliquer par plusieurs mesures prises récemment. Une nouvelle "mission étrangers", lancée mi-2025 au sein de la direction générale de l'administration pénitentiaire, a été instaurée pour optimiser le traitement des dossiers et faciliter les procédures. Ce groupe, constitué de magistrats et de membres de l'administration pénitentiaire, a pour but d'accélérer les expulsions, notamment en améliorant les relations avec les consulats.
Par ailleurs, la Chancellerie a mis en avant deux leviers essentiels : les reconnaissances mutuelles de jugement (RMJ) pour les ressortissants européens et les LCE, qui constituent la majorité des expulsions. La mise en œuvre des LCE permet de libérer un détenu en fin de peine sous certaines conditions, entraînant une expulsion immédiate du territoire national. Les chiffres témoignent d'une forte progression : les LCE sont passées de 1 039 en 2023 à 1 500 en 2025, marquant un bond de 44 %, avec une dynamique encore supérieure en 2026.
Un autre aspect important est la volonté de réduire le nombre de mesures d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) non exécutées. Des efforts pour transformer ces décisions en expulsions effectives et l'amélioration de la coordination entre différents acteurs sont en cours. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a salué ces résultats, évoquant les réformes mises en place par Gérald Darmanin lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, y compris celle de la loi sur l'immigration adoptée fin 2023, facilitant ainsi le processus d'expulsion des étrangers.







