La douleur est un indicateur essentiel pour les professionnels de santé. Évaluer le niveau de douleur d'un patient permet d'améliorer la prise en charge médicale. Toutefois, cette démarche peut s'avérer complexe, notamment pour les personnes âgées qui, comme les enfants, peuvent rencontrer des difficultés d'expression. Pour évaluer leur douleur, qu'elle soit communicante ou non, divers outils existent. Ces outils sous la forme d’échelles fournissent une évaluation précise. Cet article explore les types de douleur, leurs méthodes d'évaluation et les moyens de prise en charge pour les aînés.
Qu’est-ce que la douleur ?
D'après l'Association internationale pour l’étude de la douleur (IASP), la douleur est définie comme une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable liée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle. Elle peut toucher les individus de n'importe quel âge. Pour une prise en charge efficace, il est important que le patient communique avec les professionnels de santé sur la localisation et l'intensité de la douleur, car aucun examen médical à ce jour ne peut la mesurer directement.
Les différents types de douleurs comprennent :
- Les douleurs nociceptives : Résultent de blessures physiques telles qu'une chute ou une brûlure.
- Les douleurs neuropathiques : Associées à des lésions nerveuses, comme les névralgies ou les douleurs post-AVC.
- Les douleurs idiopathiques : D'origine inconnue, ces douleurs ne montrent pas de causes évidentes lors des examens.
- Les douleurs psychogènes : Dérivant de facteurs psychologiques, elles peuvent également être abordées par des méthodes thérapeutiques.
Comment évaluer la douleur chez une personne âgée ?
Pour évaluer la douleur chez un senior, plusieurs outils nommés échelles de douleur sont disponibles. Elles varient selon que la personne puisse communiquer ou non.
L’échelle verbale simple
L’évaluation de la douleur est simplifiée pour les patients communicants. Le professionnel de santé peut demander au patient d’indiquer la localisation de la douleur, suivie d’un examen clinique. Pour quantifier la douleur, on utilise souvent une échelle de 1 à 10, où 1 signifie douleur minimale et 10 douleur maximale. Cette autoévaluation est précieuse pour adapter le traitement analgésique.
L’échelle Doloplus 2
Destinée aux personnes âgées, notamment celles avec des troubles cognitifs, l'échelle Doloplus 2 est une méthode d'évaluation comportementale. Elle se fonde sur les expressions faciales, postures et comportements du patient. L'échelle évalue la douleur sur 10 axes, notés de 0 à 3, aboutissant à un score sur 30. Une note supérieure à 5 signale la nécessité d'une prise en charge. Les axes incluent :
Retentissement somatique :
- Plaintes somatiques
- Positions douleur au repos
- Protection des zones douloureuses
- Mimiques
- Sommeil
Retentissement psycho-moteur :
- Toilette ou habillage
- Mouvements
Retentissement psychosocial :
- Communication
- Vie sociale
- Comportement
L’échelle comportementale chez la personne âgée
Celle-ci permet d'évaluer la douleur avant et pendant les soins, sans participation du patient. L'évaluation est réalisée par le personnel soignant sur 8 axes, notés de 0 à 4. Les axes incluent l’expression du visage, la position au repos et les réactions durant les soins.
L’échelle Algoplus
L'échelle Algoplus est utilisée pour évaluer les douleurs aiguës chez les personnes âgées et consiste en 5 axes : visage, regard, plaintes, corps et comportement. Chaque élément est noté pour déterminer la nécessité d'intervention contre la douleur. Cette approche peut être appliquée par différents praticiens.
Quels médicaments prendre pour lutter contre la douleur ?
La principale finalité de la prise en charge de la douleur est d'apaiser le patient. Plusieurs catégories d’antalgiques existent, classés par puissance d’action :
- Antalgiques de niveau 1 : Paracétamol, aspirine pour douleurs légères.
- Antalgiques de niveau 2 : Codéine, tramadol pour douleurs modérées.
- Antalgiques de niveau 3 : Dérivés de la morphine pour douleurs intenses.
Il est crucial de respecter la posologie de ces médicaments. Une automédication ne doit pas dépasser cinq jours, et une consultation est recommandée si la douleur persiste.
D'autres traitements non antalgiques comprennent : anesthésiques locaux, antispasmodiques, antidépresseurs, myorelaxants et antiépileptiques.
Comment gérer la douleur avec des traitements non médicamenteux ?
Une approche globale pourra inclure des traitements non médicamenteux en complément des médicaments, tels que la rééducation, les massages, l'acupuncture, les thérapies cognitives et comportementales, ou même la neurostimulation. Il est essentiel de rappeler que le droit au soulagement de la douleur est un principe fondamental inscrit dans la législation.







