Gestion pilotée par défaut depuis la loi Pacte
Depuis l'entrée en vigueur de la loi Pacte en 2019, la gestion pilotée des plans d'épargne retraite (PER) est proposée par défaut lors de la souscription. Concrètement, cela signifie que l'établissement financier prend en charge l'allocation des sommes versées et l'ajustement progressif du portefeuille, sauf si l'épargnant choisit explicitement la gestion libre.
La gestion pilotée délègue la construction et le suivi des investissements à des équipes professionnelles ou à des fonds dits « à horizon ». Elle vise à concilier rendement et protection du capital en fonction d'objectifs prédéfinis (date de départ à la retraite, profil de risque). L'épargnant garde toutefois la possibilité de modifier son option, d'ajuster son profil ou de basculer vers une gestion libre à tout moment.
Trois profils d'investisseurs pour ajuster le risque
Les offres commerciales structurent généralement la gestion pilotée autour de trois grandes familles de profils, qui déterminent la part d'actions, d'obligations et d'actifs sécurisés :
- prudent horizon retraite : priorité à la préservation du capital, exposition réduite aux actions ;
- équilibré horizon retraite : compromis entre sécurité et performance ;
- dynamique horizon retraite : exposition plus importante aux actions pour rechercher une plus-value à long terme.
Chaque profil présente des avantages et des inconvénients. Le profil prudent limite la volatilité mais bride le rendement potentiel ; le profil dynamique peut générer une performance supérieure sur plusieurs décennies, au prix de fluctuations plus marquées. Les sociétés de gestion proposent aujourd'hui des supports diversifiés, incluant ETFs, actions cotées, obligations et fonds en euros, pour composer ces profils.
Adapter l'allocation selon l'âge : stratégie et précautions
Un des principes-clefs introduits par la Pacte est l'ajustement automatique de l'allocation en fonction de l'âge ou de l'horizon de départ à la retraite. À long terme, la poche risquée est privilégiée pour chercher la croissance ; à l'approche du départ, l'épargne est progressivement transférée vers des supports plus sécurisés (fonds en euros, obligations) afin de limiter les pertes potentielles.
Cette « mécanique d'arbitrage » vise à maximiser la valeur accumulée puis à la protéger. Elle fonctionne bien pour les épargnants qui ne souhaitent pas gérer activement leur allocation, mais elle n'exonère pas d'une vigilance régulière :
vérifiez les frais (frais d'entrée, de gestion et spécifiques aux fonds pilotés), comparez les performances nettes et assurez-vous que le profil proposé correspond réellement à votre tolérance au risque et à vos objectifs. Enfin, gardez à l'esprit les caractéristiques fiscales du PER : les versements sont susceptibles d'être déductibles sous conditions, et la sortie intervient selon des modalités fiscales qui diffèrent selon le mode de sortie choisi (rente ou capital).
En résumé, la gestion d'actifs intégrée au PER simplifie l'accès à une allocation adaptée et évolutive, mais elle demande à l'épargnant une attention sur les frais, le choix du profil et la périodicité des révisions pour optimiser ses chances d'atteindre ses objectifs de retraite.







