La réforme des retraites en France est un sujet sensible, notamment en ce qui concerne le recul de l'âge légal de départ. Alors que la proposition d'Emmanuel Macron d'augmenter cet âge à 64 ans fait débat, les opinions divergent sur sa nécessité.
Des visions opposées du déficit des régimes de retraite
D'un côté, Michaël Zemmour, maître de conférences en économie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, soutient que les régimes de retraite ne sont pas en danger. Selon lui, les réformes antérieures ont déjà ajusté le système, et bien qu'un léger déficit puisse survenir, il reste gérable. Zemmour propose de corriger ce déficit en supprimant certaines exonérations de cotisations sociales peu efficaces.
À l'opposé, Nicolas Marquès, directeur général de l'institut économique Molinari, voit les chiffres du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) d'un autre œil. Pour lui, les déficits sont sous-estimés et le recul de l'âge de départ est essentiel. Il souligne que le financement des retraites pour les fonctionnaires, estimé à 33 milliards d'euros de déficit annuel, n'est pas pris en compte dans les calculs du COR.
Un enjeu démographique majeur
Le débat autour de l'âge de départ englobe également la question du vieillissement de la population. Zemmour avance que les réformes précédentes ont déjà tenu compte de cette réalité démographique, permettant d'assurer une certaine équité entre les générations. En effet, une personne née en 1960 aura droit à une retraite plus courte qu'une personne née en 1950, malgré une espérance de vie plus longue.
Marquès, quant à lui, souligne une réalité inquiétante : le ratio actif/retraité a chuté, passant de 2,8 actifs pour un retraité dans les années 90 à seulement 1,8 aujourd'hui. Cela reflète une diminution du nombre de cotisants, ce qui nuit à la viabilité du système. En conséquence, il préconise non seulement un relèvement de l'âge légal, mais également la mise en place de plus de mécanismes de capitalisation collective.







