Un produit d’épargne à la fois attractive et simplifié
Le Plan Épargne Retraite (PER) a été introduit le 1er octobre 2019 dans le cadre de la loi PACTE, dans le but de remplacer d'anciens dispositifs d’épargne tels que le PERP ou le Perco. Trois ans plus tard, il est pertinent de faire un premier bilan des performances du PER, qui a pour objectif d'harmoniser et d'optimiser le système d’épargne retraite en France. Un point sur les éléments clés présentés dans le rapport publié par la Direction générale du Trésor le 12 octobre dernier.
1. Les objectifs du PER largement atteints
Le PER vise principalement à inciter les Français à penser à leur revenu de retraite complémentaire. À l'origine, le marché de l’épargne était évalué à 230 milliards d’euros pour les produits existants, tandis que d'autres comme l’assurance vie atteignaient des sommets avec 1 700 milliards. Le gouvernement avait établi deux objectifs pour le PER d'ici la fin de 2022 :
- Atteindre 3 millions d’épargnants ;
- Accumuler un encours de 50 milliards d’euros.
Les résultats sont plutôt encourageants, avec plus de 6 millions de Français souscrivant au PER et un encours équivalant à 70 milliards d’euros en fin d'année 2022.
À noter : La somme totale des encours d’épargne au 31 mars 2022 se chiffrait à 280 milliards d’euros, se rapprochant ainsi de l’objectif initial proposé par le gouvernement.2. Analyse des encours par type de produit
Le Comité de suivi de la loi Pacte révèle que 79 % des encours observés proviennent de produits d’épargne antérieurs transférés vers le PER. Voici une vue d’ensemble des encours par type de produit :
- 43,6 milliards d’euros pour les PER individuels, permettant des versements volontaires ;
- 15,7 milliards d’euros pour les PER d’entreprise obligatoires, accessibles à tous les salariés ou à une partie d'entre eux ;
- 10,7 milliards d’euros pour les PER d’entreprise collectifs, disponibles pour tous les employés concernés.
3. Les produits d’épargne en déshérence
Un problème préoccupant a été identifié par l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR), qui estime qu’il y a plus de 10 milliards d’euros dans des contrats d’épargne non soldés par leurs titulaires. Diverses raisons expliquent ce phénomène : ignorance de la possession de tels contrats, oubli ou manque d’informations de la part des organismes de retraite. Voici une estimation des risques de déshérence :
- 10,6 milliards d’euros pour les personnes de plus de 62 ans ;
- 5,4 milliards d’euros pour celles au-delà de 65 ans ;
- 1,8 milliards d’euros pour les plus de 70 ans.
Solutions pour lutter contre la déshérence
La loi Labaronne de février 2021 a introduit un droit d’information concernant les régimes de retraite supplémentaires. Depuis juillet 2022, un service en ligne via le Compte Retraite permet aux épargnants d'accéder à tous leurs produits d'épargne retraite et de contacter les organismes appropriés. Grâce à cette initiative, plus de 11 millions de contrats de retraite supplémentaires ont été identifiés sur un total estimé de 14,3 millions par la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (DREES).







