Le gel quasi-total des pensions, couplé à une reprise de l’inflation, soulève des interrogations sur l'impact sur le pouvoir d'achat des retraités. Afin d'obtenir des éclaircissements, nous avons interrogé Vincent Touzé, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
Un gel des pensions qui suscite des craintes
Suite à la décision du gouvernement de maintenir la hausse des retraites de base à 0,30 % pour 2019 et 2020, alors que l'inflation devrait dépasser les 2 %, de nombreux retraités craignent une perte significative de leur pouvoir d'achat. Leur inquiétude est renforcée par une série de mesures précédentes, notamment la hausse de la CSG et le gel des pensions en 2014 et 2016. La revalorisation des pensions, jadis programmée pour le 1er avril, a été repoussée, aggravant encore plus leur situation.
Désindexation des pensions et impact sur le pouvoir d'achat
Vincent Touzé souligne que la désindexation des pensions, si elle se prolonge, pourrait réduire le pouvoir d'achat à un niveau comparable à une baisse des pensions. Avec l'augmentation de la CSG, une partie importante des retraités ressent particulièrement cette pression sur leurs finances. L'écart entre le montant brut et net de leurs retraites pourrait s'élargir, aggravant leurs inquiétudes.
Dépenses spécifiques à la retraite : une réalité préoccupante
Les retraités font face à des dépenses qui augmentent souvent plus rapidement que le taux d'inflation, comme les frais de santé et les services de soins à domicile. La part de leur budget allouée à ces dépenses est généralement plus élevée que pour les actifs. Selon l'Insee, il est possible d'effectuer une simulation personnalisée de l'indice des prix en fonction des postes de dépenses.
Prélèvement à la source : un impact sur les revenus des retraités ?
Le prélèvement à la source pourrait constituer un nouveau défi pour les retraités, en particulier ceux n'étant pas imposables. Le retard dans la prise en compte des crédits d'impôt peut créer une confusion et une perception de baisse de revenus. Dans ce contexte, le gouvernement a prévu un acompte de 60 % sur les droits de crédits d'impôt, visant à apaiser les mécontentements.
Un réflexe de prudence chez les seniors
Face à ces incertitudes, de nombreux retraités adoptent une attitude de prudence dans leurs dépenses, conscients des dépenses potentielles liées à leur vieillissement. La nécessité d'une meilleure clarté sur les financements de la dépendance pourrait contribuer à les rassurer et à renforcer leur confiance.







