Le croque-notes de François Simon. Aujourd'hui, In de Wulf,
en Belgique.
Après avoir quitté le TER du soir, la nuit s'installe sur le plat pays. Un taxi vous attend à la gare de Bailleul, prêt à vous embarquer vers une contrée où le temps semble s’être arrêté. Située à l’ouest de la Belgique, près de la frontière, la région du Westhoek s’affiche comme un tableau vivant, où ciel et terre se confondent à l’horizon. C’est dans cette atmosphère presque oubliée qu'émerge l’auberge In de Wulf, dirigée par le talentueux Kobe Desramaults.
Cette adresse méritait d'être révélée. Actuellement, elle se présente dans sa forme la plus pure, à utiliser avec délicatesse pour éviter qu’elle ne soit dénaturée par l’afflux de visiteurs. L’entrée de l’auberge se doit d’être faite avec douceur. À l’intérieur, la lumière tamisée crée un cadre apaisant. La cuisine, elle, est une invitation à la découverte des ingrédients locaux. Attendez-vous à un voyage culinaire exaltant : huître de Grevelingen pochée, barbue accompagnée de millet et de choux de Bruxelles, ou encore des coquilles Saint-Jacques sublimées par un poireau rôti et du persil.
La poésie du paysage se reflète dans chaque plat : pensez aux tubercules de Heuvelland, au jaune d'œuf et au jus de poulet rôti, sans oublier le pigeon cuit au foin. Il s'agit d'une cuisine de pénombre, où l'on souhaite que le jour ne se lève jamais. Le service est serein et, si vous avez la chance de réserver l'une des sept chambres douillettes, une douce nuit vous attend. Pour 70 euros, vous passerez un moment de calme, comme un retour aux sources. Cette adresse, à la fragilité immense, incarne pourtant un havre de paix, reflet de l'humilité lumineuse de Kobe. Un véritable coup de foudre pour 2023…
Toutes les chroniques gastronomiques de François Simon







