Alors même que la réforme des retraites de 2023 a été mise en œuvre, la viabilité financière du système des retraites reste incertaine sur le moyen et long terme. Des recommandations urgentes émanent du comité de suivi des retraites.
Des signaux d'alerte ignorés
C'est dans un contexte politique incertain que le comité de suivi des retraites, rendant compte directement au Premier ministre, a émis une alerte cette semaine concernant les déficits persistants du système de retraites pour les années à venir. Dans son avis annuel, le comité insiste sur la nécessité de nouvelles mesures pour rétablir l'équilibre. "Nous faisons face à des déficits qui persistent. Conformément à la loi de 2014, notre obligation est d'attirer l'attention sur cette situation et de suggérer des solutions," déclarent les experts du Comité de suivi des retraites (CSR), s'appuyant sur le dernier rapport du Conseil d'orientation des retraites (COR) rendu public en juin dernier.
Le rapport fait état d'une aggravation du déficit qui pourrait atteindre en moyenne 0,5 point de PIB sur un horizon de 25 ans, pouvant même grimper à 0,8 point en 2070, à la fin de son analyse. Comment expliquer cette chute malgré la mise en place d'une réforme des retraites ? "Bien que la réforme ait modifié les critères d'âge, ces changements sont en partie compensés par des avantages à court et à long terme, notamment pour les petites pensions, atténuant ainsi l'impact financier sur le système," explique le CSR dans sa synthèse.
Recommandations du CSR
Le CSR ne formule pas de propositions de nouvelles mesures spécifiques, mais offre des idées aux futurs dirigeants. Voici les principales recommandations :
- Augmenter les ressources : Selon le rapport, "la seule solution" pour combler les lacunes de financement serait d'accroître le taux de cotisation global. Cependant, une augmentation pourrait impacter l'économie, prévenant les experts de veiller à ce que cette hausse ne compromette pas d'autres prélèvements fiscaux. Pour rétablir l'équilibre, le président du comité, Didier Blanchet, a suggéré une augmentation de 0,5 à 0,8 point à court terme.
- Réévaluation de l'âge de départ : Bien que temporairement exclue, le rapport suggère d'initier des réflexions sur un "liage" entre l'âge légal de départ à la retraite (64 ans d'ici 2030) et l'espérance de vie, pour une éventuelle revalorisation dans les années ultérieures.
- Ajustement des pensions : Une suggestion controversée : le CSR évoque la possibilité d'une révision à la baisse des pensions. Le rapport recommande d'employer des critères économiques pour le calcul des droits à la retraite et la réévaluation ultérieure des pensions, notamment par rapport à l'inflation.
Ainsi, l'équilibre des retraites est menacé, surtout si les pensions ne sont pas indexées, ce qui risquerait de réduire le pouvoir d'achat des retraités face à l'inflation, entraînant une diminution réelle de leurs prestations.
Les experts rappellent que toute modification quant au taux de remplacement n'affectera que les nouvelles générations de retraités, déjà impactées par la réforme de 2023, et que l'absence de mesures de sous-indexation pourrait engendrer des inégalités intergénérationnelles.







