Les quinze infirmières de la Sarthe, affiliées à l'association Asalée, se trouvent dans une situation déplorable : elles n'ont pas été rémunérées depuis deux mois. Malgré cette détresse financière, elles continuent à prodiguer des soins aux patients souffrant de maladies chroniques telles que le diabète et les maladies cardiovasculaires.
Leur rôle est capital, car elles assistent les médecins en expliquant les traitements et en répondant aux préoccupations des patients, tout en mettant en place des programmes de prévention contre la malbouffe et les risques cardiovasculaires. Leur travail est essentiel pour soulager les médecins, qui manquent de temps pour consacrer à chaque patient.
Dysfonctionnements dans la gestion administrative et financière selon un rapport de l'IGAS
Cette situation critique découle d'un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS), qui a mis en lumière des problèmes graves au sein d'Asalée, notamment des retards de paiement de cotisations et des conflits d'intérêts. En conséquence, la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM), qui finance l'association, a interrompu ses versements. Asalée a donc sollicité le tribunal des affaires économiques de Paris pour envisager un redressement judiciaire, afin de garantir le paiement des 2000 infirmiers et infirmières de l'association.
“En ce moment, on ne va pas au travail de gaité de cœur”
Les infirmières se rendent au travail malgré tout. Claire Lecan, travaillant à Ballon-Sainte-Jamme, témoigne de l'angoisse de devoir travailler sans être payée. « Je suis contrainte de me déplacer à 30 kilomètres de chez moi, ce qui alourdit ma situation financière face à la hausse des prix de l'essence », explique-t-elle. De son côté, Aurore Arnault, infirmière à La Suze-sur-Sarthe, parle de l'obligation de chercher des emplois supplémentaires pour subvenir à ses besoins.
“C'est scandaleux, c'est un désastre” se désole un médecin
Des professionnels de santé, comme le docteur Joseph Foyer, soulignent la gravité de la situation. Il affirme que les infirmières Asalée jouent un rôle indispensable face à un manque de temps pour les médecins, leur permettant de mieux gérer les patients. « C'est une faille inacceptable dans notre système de santé », déclare-t-il avec indignation.
En attendant une solution, Claire et Aurore aspirent à reprendre leur travail avec dignité et demander la rémunération qui leur est due. Reste à savoir quel sera l’avenir d’Asalée et des personnels qui œuvrent chaque jour pour la santé publique.







