L'ANTISÈCHE. Le président Emmanuel Macron a prononcé, ce lundi 2 mars, un discours sur la dissuasion nucléaire depuis l’Île Longue. Située à proximité de Brest, cette base navale fait partie des lieux les plus sécurisés du pays. Voici les éléments essentiels à retenir.
Certains endroits dans notre pays restent volontairement inaccessibles au public, et l’Île Longue en fait partie. Ce site militaire abrite les quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), essentiels à la dissuasion française. Ces sous-marins, conçus pour échapper aux radars, portent les noms de Le Triomphant, Le Téméraire, Le Vigilant et Le Terrible. Chacun d'eux peut transporter seize missiles capables de porter plusieurs ogives nucléaires. Depuis 1972, ils effectuent des patrouilles continues pour garantir une présence permanente en mer, comme l’a rappelé le ministère des Armées.
La base, située à la pointe du Finistère, fonctionne comme une véritable forteresse. L’accès y est contrôlé par des enquêtes administratives et des mesures strictes ; les téléphones portables et objets connectés doivent être laissés à l'entrée. À l'intérieur, la sécurité est assurée par un réseau dense de caméras, de gendarmes maritimes et de fusiliers marins armés. Aux alentours du site, des embarcations rapides patrouillent sans relâche pour éviter toute intrusion maritime ; quiconque s’approche trop près est rapidement intercepté.
Comment l’Île Longue a été transformée en base stratégique ?
C’est ici qu’Emmanuel Macron a tenu son discours sur la dissuasion française, entouré des près de 2 500 civils et militaires qui y travaillent quotidiennement. L’histoire de l’île remonte à 1965, quand Charles de Gaulle décide d’aménager cette presqu’île, alors agricole et reliée au continent par un chemin submersible, en base opérationnelle de la Force océanique stratégique.
Le chantier, colossal, dura plus de trois ans et représentait à l'époque le plus grand projet en Europe. Plus de 1 500 ouvriers ont été impliqués dans la construction des infrastructures : 300 000 m³ de béton et 6 000 tonnes d’acier ont été utilisés pour édifier deux bassins de plus de 200 mètres de long, capables d’accueillir les sous-marins.
Malgré cette sécurité renforcée, le site n'est pas exempt de menaces. En juin 2013, un journal local a révélé des inquiétudes concernant la sécurité des installations. Suite à cela, le ministre de la Défense de l’époque, Jean-Yves Le Drian, a demandé une enquête approfondie. Plus récemment, le 4 décembre, cinq drones ont été aperçus au-dessus de la zone, entraînant une enquête même si, selon le porte-parole du préfet maritime de l’Atlantique, aucune infrastructure sensible n’était menacée.







