Dans un espace de coworking à Bordeaux, un vent de changement souffle grâce à l'association No Women No Tech, qui lutte pour que les femmes aient leur place dans le secteur technologique. Fondée par Vanessa Portois-Wermter et Caroline Ramade, l’organisation a vu le jour officiellement après près de quatre ans d’activités informelles, et rassemble aujourd'hui plus de 250 membres.
Récemment, les membres se sont réunies pour un événement mêlant ateliers et conférences, visant à améliorer leur rapport à l'argent et à la carrière. « Les femmes ont besoin de se sentir à l’aise dans cet environnement », a déclaré Caroline Ramade. Les activités touchent à divers domaines techniques allant de la programmation à l'intelligence artificielle.
Un parcours semé d'embûches
Malgré le dynamisme de l'association, le constat demeure amer : seulement 29% des professionnels dans le secteur technologique en France sont des femmes, selon le baromètre SheLeadsTech. En période de crise économique, les défis s'intensifient, notamment avec un accès à l’investissement qui se resserre. Caroline Ramade souligne : « Pour les femmes, cela a toujours été un parcours du combattant, mais aujourd’hui, il faut vraiment y aller le couteau entre les dents. »
À Bordeaux, l'exode vers des centres comme Paris est souvent inévitable en l'absence d'opportunités suffisantes. Beaucoup de freelance n'ont pas retrouvé d'emploi après la crise sanitaire.
No Women No Tech œuvre aussi à travers des formations dans le domaine de l’IA, tout en gardant à l’esprit la nécessité d’une approche éthique. Vanessa Portois-Wermter affirme : « Nous devons impérativement utiliser ces technologies tout en étant conscientes de leur impact environnemental. » En effet, le numérique contribue à 4,4% des émissions de gaz à effet de serre en France, une préoccupation mise en évidence dans un rapport de l' Agence de la transition écologique (Ademe).
Malgré ces défis, l'association continue de croître, en dépit d'un climat de travail moins favorable pour la diversité dans les entreprises. Caroline Ramade conclut en soulignant qu'il serait essentiel de raviver l'engagement pour des initiatives de diversité dans le secteur technologique.







