Il y a quelques mois, une lectrice a marqué les esprits en s'interrogeant sur un titre provocateur publié dans un de nos articles : ‘Un schizophrène casse les vitres de la préfecture’. Cette question apparaît d'autant plus pertinente alors que nous sommes en pleine grande cause nationale sur la santé mentale.
Cette lectrice, membre de l'Unafam, l'Union nationale des familles et amis de personnes malades, a souligné que l’usage de termes comme ‘schizophrène’, ‘autiste’ ou ‘bipolaire’ est souvent inapproprié et renforcent la stigmatisation des maladies mentales. Elle souligne : « Les médias renvoient souvent une image déformée et anxiogène de ces pathologies, ce qui impacte la perception du public. »
Isabelle Sarran de Sud Ouest a interviewé le Dr Hugo Baup, psychiatre à Périgueux. Ce dernier déclare que le vocabulaire de la santé mentale est souvent détourné à des fins péjoratives. « Chaque jour, des personnes vivant avec ces maladies se sentent comme des fardeaux pour la société en raison de tels termes », déclare-t-il.
Des déclarations controversées, comme celle du ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, illustrent encore ce problème. En automne 2025, il a utilisé le terme ‘autiste’ pour discréditer une opposition politique, ce qui a immédiatement suscité des réactions et des excuses.
Le Dr Baup, qui a lancé une pétition contre l’usage inapproprié de ces termes, a notamment recueilli plus de 40 000 signatures. Ce chiffre témoigne ton de l'indignation croissante et de la nécessité d'une meilleure éducation à propos des troubles mentaux.
Emmanuelle Rémond, présidente de l’Unafam, explique que le langage doit évoluer pour éviter les malentendus sur des conditions complexes comme la schizophrénie, qui est souvent associée à des comportements violents à tort. Sa suggestion ? Remplacer les termes dévalorisants par des descriptions plus appropriées.
En conclusion, il importe que les médias adoptent une approche plus respectueuse et nuancée concernant les sujets de santé mentale, afin d'aider à briser les stéréotypes et à promouvoir une compréhension plus profonde et empathique des maladies psychiques.







