Jeanne Maucourt, en deuxième année de thèse à l'université de Poitiers, se distingue par son travail sur des tablettes mésopotamiennes datant de 3000 ans avant J.C. Ce jeudi 28 mai, elle participera à la finale nationale du concours Ma Thèse en 180 secondes à Lille.
“J'ai toujours voulu participer à ce concours, c'est tellement inspirant !” dit-elle avec enthousiasme dans son bureau partagé avec deux autres doctorantes. Bien que sa thèse ait débuté en novembre 2024, elle ne s'attendait pas à atteindre un tel niveau. Depuis un an et demi, son objectif est d'analyser des fragments de tablettes afin de trouver des solutions pour éliminer les sels qui menacent leur intégrité après des siècles d'enfouissement.
Originaire de La Flèche en Sarthe, Jeanne fait face à 20 autres finalistes lors de cet événement organisé par France Universités et le CNRS. Les lauréats se verront attribuer des fonds allant jusqu'à 3000 euros pour soutenir leurs recherches, ainsi qu'un prix du public de 500 euros.
Protéger notre héritage
“Je travaille uniquement sur de petits fragments de tablettes, pas plus de dix grammes !” explique Jeanne. “Nous ne pouvons pas manipuler les tablettes complètes, car ce sont des objets d'art précieux.” Son étude se concentre sur la composition chimique de ces tablettes fabriquées à partir de limon et d'argile, dans le but de valider des protocoles déjà en cours au Louvre pour le dessalement des antiquités.
“Lors des fouilles, la variation d'humidité peut provoquer la cristallisation des sels, risquant ainsi d'endommager les œuvres”, précise-t-elle. Cependant, elle fait face à un défi majeur : l'impossibilité d'effectuer des bains de dessalement traditionnels, qui risqueraient de détruire les fragments en argile crue. “Nous devons appliquer un composé organique spécifique pour préserver la structure”, ajoute Jeanne, qui explore actuellement des techniques avec des répliques de tablettes créées à partir de sols irakiens rapportés par un collègue. Cela lui permet de mieux comprendre les réactions et d’analyser la durabilité de ses méthodes.
Passionnée par la préservation du patrimoine culturel, la doctorante a également contribué à des projets au château de Versailles. “Je suis toujours fascinée par les questions touchant à la chimie et à la géologie, mais dans un cadre historique. Contribuer à la conservation des musées m'anime vraiment,” conclut-elle fièrement.
Cet article se base sur les reportages de Radio France, qui mettent en lumière des recherches innovantes et essentielles pour la sauvegarde de notre patrimoine.







