Sur un vieux bateau de pêche, le Buhara, quinze jeunes élèves pilotes de l'école d'aviation de Saint-Brieuc prenaient le large, mûs par un espoir indéfectible. Ils refusaient l'armistice, l'alliance avec les nazis, choisissant plutôt de s'engager dans une lutte risquée. Fanny Beaurel, à travers son œuvre L’Odyssée de Buhara, et Isabelle Neuschwander, historienne et archiviste, relatent ensemble cette aventure unique.
Les récits qu'Isabelle a collectés proviennent d'enregistrements de son père, Louis de la Bruyère, capturés en 1987. Elle confie à Radio France, "Il faut qu'une confiance existe..." évoquant l'importance de cette relation dans la préservation de cette mémoire. Ce témoignage devenu audible aujourd'hui plonge l’auditeur au cœur de leur expérience, faisant revivre des instants mémorables.
Un périple de résistance
Parmi ces héros, des jeunes de seulement 18 ans, jamais totalement formés, ont rejoint les rangs de ceux qui refused de plier, avec pour seule motivation le sang qui fait appel au devoir. "Ils font partie de ceux qui refusent de capituler", déclare Isabelle. À une époque sans réseau de résistance, leur détermination s'est bâtie sur l'amitié et la solidarité, cherchant à rejoindre les forces libres à Londres.
La force de vie au-delà du risque
Ces jeunes hommes ont planifié leur périple dans le secret absolu, un geste de vie au-delà de la peur. "On parle souvent du courage de risquer sa vie, mais ce que je vois chez eux, c'est une force de vie", insiste l'historienne. Ils ne cherchaient pas seulement à survivre, mais à vivre pleinement, défiant la fatalité.
Malheureusement, leur aventure prit un tournant tragique le 13 février 1941, lorsque le Buhara fut arraisonné par un navire nazi. Aucun d’eux ne pouvait imaginer la désillusion qui allait suivre, mais comme le rappelle Isabelle, "ils savaient que l’échec était une possibilité". Les évènements qui en découlèrent ont été tristement marqués par la perte de leurs rêves et leurs idéaux.







