L'Organisation internationale du travail (OIT) a récemment publié un rapport alarmant, soulignant que les risques psychosociaux au travail entraînent environ 840 000 décès par an dans le monde. Ce constat déstabilisant est le résultat d'une étude exhaustive sur les conséquences des conditions de travail sur la santé, mettant en lumière les risques psychosociaux tels que le stress, le harcèlement et la surcharge de travail.
Intitulé Le milieu de travail sur le plan psychosocial : évolutions et pistes d’action mondiales, le rapport met en exergue que ces facteurs contribuent significativement à des maladies graves, notamment des troubles cardiovasculaires et des problèmes de santé mentale. Ce phénomène est décrit comme une « menace croissante pour la santé des travailleurs », selon le rapport de l'OIT.
Parmi les résultats inquiétants, il est révélé que 35 % des travailleurs dans le monde effectuent des semaines de plus de 48 heures, tandis que plus d'un cinquième des employés ont subi une forme de violence ou de harcèlement au cours de leur carrière. L’étude fait également echo aux données de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui conclut à un lien constant entre exposition à un environnement de travail négatif et déclin de la santé.
Télétravail, digitalisation et intelligence artificielle : une nouvelle ère de risques
Les travailleurs les plus vulnérables, notamment les immigrés, les personnes handicapées et les jeunes, sont particulièrement exposés à ces risques psychosociaux, faisant face à une intensification des exigences de performance dans un monde du travail en mutation rapide. L'OIT souligne que le télétravail et la digitalisation modifient radicalement le paysage du travail, augmentant ainsi les défis psychosociaux rencontrés par les employés.
Pour lutter contre cette recrudescence des risques psychosociaux, le rapport recommande de renforcer la recherche et d'harmoniser les données au niveau international. Les experts sont d'accord sur le fait que la prévention doit devenir une priorité nationale, afin de mieux intégrer les préoccupations psychosociales dans les politiques de santé au travail. Une coopération accrue entre les autorités de santé, les établissements publics et les partenaires sociaux est également essentielle pour améliorer la prévention.
Le rapport souligne aussi l'impact économique des maladies liées aux risques psychosociaux, évalué à environ 1,37 % du PIB mondial, une situation qui nécessite une attention immédiate et des actions concertées pour protéger la santé des travailleurs dans le monde entier.







