"Je ne suis pas la voleuse du siècle" : convoquée mercredi devant la cour d'appel de Paris, Isabelle Adjani a exprimé son sentiment de victimisation, affirmant être une "proie" à des manipulations. La célèbre actrice, âgée de 70 ans, a avoué n'avoir jamais rempli sa déclaration d'impôt, révélant : "J'ai la phobie des papiers".
Déjà condamnée en 2013 à une peine de prison avec sursis et à une amende de 250.000 euros pour avoir prétendument dissimulé sa résidence fiscale au Portugal, Adjani a, cette fois-ci, rejeté la faute sur ses conseillers fiscaux. "Mes affaires, je les ai confiées à des gens pour qu'elles soient gérées correctement", a-t-elle déclaré.
L’actrice a également critiqué des individus qu'elle considère responsables de malentendus financiers, incluant un ancien partenaire, le docteur Stéphane Delajoux, qu'elle a accusé d’avoir provoqué la mort de sa mère. "J'ai cru qu'il était victime d'une conspiration, comme moi avec la rumeur sur le sida en 1987", a-t-elle insisté.
Face à l'incompréhension du montant de ses impôts dépassant 455.000 euros en 2023, la présidente de la cour, Pascaline Chamboncel-Saligue, a noté : "Il semble que d'autres priorités occupent votre esprit". Émue, Adjani a reconnu : "Je suis la proie idéale et j'ai horreur de le dire".
Au cours des échanges avec l'avocat général, Laurent Couderc, l’actrice a admis son incapacité à apprécier la compétence de son conseiller fiscal. "Je ne vous le fais pas dire", a-t-elle répondu à ses accusations de malchance. Établie à Carcavelos, au Portugal, Adjani a soutenu qu'elle maintenait une certaine distance avec le pays, tout en affirmant : "Je ne suis pas résidente là-bas".
Me Ralph Boussier, représentant la Direction générale des finances publiques, a décrit la situation fiscale d'Adjani comme un "habillage permanent", pointant des donations suspectes, y compris deux millions d'euros d'un homme d'affaires, Mamadou Diagna Ndiaye. Cependant, l'actrice a nié avoir tenté de dissimuler cette somme pour échapper aux droits de mutation : "Je savais que j'avais le temps pour le rembourser".
"Je ne contournerai jamais l'impôt pour me retrouver dans l'illégalité", a-t-elle assuré, ajoutant qu'elle remboursera chaque centime de ses dettes.
L'audience se poursuivra jeudi après-midi avec les réquisitions et les plaidoiries de sa défense.







