À quelques semaines des élections municipales, la bataille électorale à Marseille s’intensifie. Le maire sortant, Benoît Payan, et Martine Vassal, présidente du département des Bouches-du-Rhône, se retrouvent dans une position délicate, cloués entre la poussée du Rassemblement national et de la France Insoumise, rapportent des sources locales.
Selon un sondage OpinionWay, Benoît Payan et le candidat RN, Franck Allisio, sont au coude à coude, chacun totalisant 31 % des intentions de vote. Martine Vassal, avec seulement 20 %, ne parvient pas à rivaliser face à cette montée en puissance. Le député LFI, Sébastien Delogu, se place en quatrième position avec 14 % des votes, selon l'analyse.
Martine Vassal a récemment intensifié ses attaques contre le candidat RN, affirmant sur X : « Marseille est rebelle. Elle n’acceptera jamais que le RN accède au pouvoir ». Ce positionnement stratégique vise à galvaniser son électorat tout en tentant de garder le soutien de ses alliés de droite. Toutefois, pour le politiste Nicolas Maisetti, cette attitude pourrait lui faire perdre des voix, car elle manque d'une ligne claire dans sa campagne.
La situation est tout aussi délicate pour Benoît Payan, qui doit s'inquiéter de la candidature de Sébastien Delogu. Ce dernier, ancré dans les quartiers populaires, a débuté une campagne ambitieuse en se concentrant sur les enjeux de la jeunesse. L'entourage de Payan s'inquiète de l'impact que pourrait avoir Delogu sur le vote à gauche, permettant ainsi aux voix de passer vers le RN. Virginie Martin, politologue à Kedge Marseille, estime que Payan pourrait bénéficier d'un électorat plus mobilisé à droite qu'en face de lui.
Les enjeux ici dépassent la simple compétition locale, alors que le RN représente un véritable risque d'accès au pouvoir à Marseille. « Notre ennemi est le RN », déclare un conseiller proche de Payan, soulignant la gravité de la situation.
À mesure que le scrutin approche, chaque candidat devra affiner ses stratégies de campagne pour s'assurer de séduire un électorat de plus en plus volatil. Pour les Marseillais, le choix du vote pourrait déterminer le futur politique de leur ville face à une montée alarmante des extrémismes.







