Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a récemment exprimé son soutien à un projet de loi visant à interdire l'utilisation des téléphones portables dans les lycées. Lors d'un entretien accordé à Ouest-France, il a déclaré que « le temps de l’école est consacré à l'apprentissage, pas aux téléphones ». Cette initiative, qui pourrait être discutée au Parlement dès janvier, est considérée comme une « question de principe » par le gouvernement, mais des dérogations pourraient être envisagées selon les besoins spécifiques des établissements.
Des lycées utilisent actuellement des systèmes nécessitant des téléphones pour certaines activités, comme le passage à la cantine. Au vu de ces pratiques, les chefs d’établissement auront la responsabilité d’adapter les règlements internes pour s'aligner sur ces nouvelles directives.
Le projet de loi, déjà prêt selon Geffray, intervient alors que l’interdiction des téléphones portables est déjà en vigueur de la maternelle au collège, mais son respect reste mitigé. En effet, un dispositif déployé dans les collèges, intitulé « portable en pause », a été mis en place pour contrer l'utilisation abusive des écrans et a été généralisé depuis septembre.
Les critiques émergent également, notamment de la part du Snes-FSU, le principal syndicat du second degré, qui demande une évaluation approfondie des résultats de l'interdiction au collège avant d'appliquer des mesures similaires au lycée. « Il est crucial d'analyser ce qui n’a pas fonctionné pour améliorer l'approche », a souligné un représentant du syndicat.
Les enjeux autour de cette initiative sont nombreux, avec des experts qui mettent en garde contre le risque de décroissance des interactions sociales entre les élèves. Édouard Geffray décrit le téléphone portable comme une source d'« addiction aux écrans », ce qui pourrait affecter la capacité de concentration des élèves. La question reste donc de savoir si cette mesure pourra réellement inverser la tendance et encourager davantage d'interactions entre les jeunes.
Alors que le débat sur l’usage des téléphones dans les établissements scolaires demeure ouvert, il est certain que cette question de principe soulève de nombreuses préoccupations tant au niveau éducatif que sociétal.







