Les récents événements en République Démocratique du Congo (RDC) et en Mauritanie ont mis en lumière la menace d'un troisième mandat présidentiel, un sujet brûlant dans la sphère politique. En RDC, une manifestation le 12 juin dernier a fait éclater des violences suite à l'approbation par le Sénat d'un référendum permettant au président Félix Tshisekedi de solliciter un nouveau mandat. Le quotidien burkinabè Le Pays souligne les similitudes troublantes entre cette situation et celle de la Mauritanie, où le président Mohamed Ould Ghazouani fait face à des pressions similaires.
La RDC et la Mauritanie, bien que géographiquement éloignées, partagent des préoccupations politiques communes. Ces deux pays, ayant connu une alternance politique au cours de la dernière décennie, se trouvent au cœur d'un débat sur la longévité des mandats présidentiels, qui ne fait qu'envenimer les tensions au sein de leurs sociétés respectives.
La question qui se pose aujourd'hui est la suivante : Félix Tshisekedi et Mohamed Ould Ghazouani se risqueront-ils à convoquer des référendums en vue d'un troisième mandat ? Bien que la réponse demeure incertaine, les deux leaders semblent agir avec prudence, sondant l'opinion publique via leurs alliés politiques. En RDC, un mouvement croissant d'opposition s'est formé, la coalition C64 s'opposant fermement à la modification des lois constitutionnelles.
Un incident tragique a marqué les manifestations en RDC, avec des rapports faisant état de deux morts et de blessés parmi les opposants lors d’un affrontement avec les forces de l’ordre. D’après Actualité CD, la situation a suscité l'indignation, les opposants qualifiant le référendum de "tentative de révision constitutionnelle".
Dans le cadre de cette lutte pour le pouvoir, Félix Tshisekedi, autrefois fervent opposant à Joseph Kabila qui cherchait à prolonger son mandat, semble maintenant suivre une voie similaire, renforçant ainsi les craintes que les leçons du passé ne soient pas apprises. Radio Okapi rapporte que les tensions s'accroissent alors que le président Tshisekedi reste inflexible face à la pression de la rue.
Quand l'élève suit le maître
En Mauritanie, la situation n'est pas différente. Mohamed Ould Ghazouani, qui avait été capable de convaincre son prédécesseur à renoncer à un mandat supplémentaire, semble désormais reprendre cette même logique en se positionnant pour des prolongations. Sa stratégie est se mesurer à un éventuel dialogue national, alors même que la perspective d’un troisième mandat commence à poser des problèmes au sein de son propre camp.
Un expert en politique régionale a souligné que "les dirigeants devraient adopter une approche proactive" pour éviter de répliquer les erreurs du passé. Pour cela, Ould Ghazouani doit délivrer un message clair sur ses intentions politiques, sinon il risque de se confronter à une opposition de plus en plus significative.
Il est crucial de noter que malgré les différences culturelles et politiques entre la Mauritanie et la RDC, les enjeux partagés autour des mandats présidentiels et de la gouvernance restent au cœur des préoccupations régionales. Alors que les deux pays avancent sur ce terrain semé d'embûches, il est essentiel de surveiller de près leur évolution politique.







