Le député Charles Alloncle (UDR) a soumis un rapport au vote, proposant de supprimer les chaînes France 4 et Mouv' ainsi que de fusionner France 2 avec France 5. Ce texte ambitionne de générer un milliard d’euros d’économies, représentant 25 % du budget de l’audiovisuel public.
Ce qu’il faut retenir
Charles Alloncle recommande la suppression de France 4 et du Mouv', et la fusion de France 2 avec France 5 pour réaliser un milliard d’euros d'économies. Ce rapport sera soumis au vote des députés de l'Assemblée nationale ce lundi.
Les propositions incluent le renforcement de la neutralité des journalistes et la nomination des dirigeants de l’audiovisuel public par le président de la République, à la suite des conseils de l’ARCOM, marquant un changement significatif dans la gouvernance du secteur.
Les conclusions de cette commission d’enquête, entamée il y a quatre mois, suscitent des tensions vives, certains députés, comme Ayda Hadizadeh (PS), dénonçant un rapport jugé 'mensonger' tandis que d'autres critiquent un retour aux pratiques de l'ORTF.
La suppression de France 4 et de Mouv', ainsi que la fusion entre France 2 et France 5, sont au cœur des recommandations du rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, Charles Alloncle.
Des tensions majeures autour des recommandations
Avec l'objectif de réaliser plus d'un milliard d'euros d'économies, représentant un quart des crédits alloués à l'audiovisuel public par l'État, Alloncle propose une nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France par le président de la République, après avis du Parlement et de l’ARCOM, a rapporté l’AFP.
Le rapport va être soumis au vote des 30 députés de la commission d’enquête lundi, marquant la fin de plus de quatre mois de débats tumultueux.
Bien qu'un vote favorable soit essentiel pour rendre public le rapport une semaine plus tard, des tensions sur les conclusions de Charles Alloncle laissent planer le doute sur la décision à venir.
Des accusations de 'fuites' et de manipulation
La députée Ayda Hadizadeh a annoncé qu'elle voterait contre le rapport, non pas en raison de ses recommandations, mais parce qu'elle le considère comme un 'tissu de mensonges'. Certains députés, souhaitant rester anonymes, ont exprimé leurs réticences face à la possibilité de cautionner un rapport fondé sur des insinuations.
Contacté par l’AFP, Alloncle a déploré que des 'fuites' aient été orchestrées par des députés, violant ainsi la confidentialité de son rapport.
Les propositions de Charles Alloncle incluent également la suppression de France TV Slash et de France 4, orientant les moyens vers une nouvelle offre sur France.tv et les réseaux sociaux. Les chaînes d’information suivraient des plans de refonte.
Un retour aux méthodes de l'ORTF ?
Un député du bloc central a déclaré que ce qu'Alloncle propose représente un 'retour à l’ORTF', soulignant que cela impose une gestion stricte de l’audiovisuel sous contrôle gouvernemental. La commission d’enquête, initiée par le parti d’Eric Ciotti, est née d’une polémique sur la partialité des journalistes, amplifiée par une vidéo montrant Thomas Legrand et Patrick Cohen discutant en privé avec des figures du PS.
Un accent particulier est mis sur l’impartialité des employés de l’audiovisuel public, qui devraient s'engager à maintenir une neutralité stricte même en dehors de leurs fonctions. Les figures publiques de cette industrie seraient soumises à un 'devoir de réserve renforcé', selon les propositions.
Enfin, Charles Alloncle a suggéré de mettre fin au 'système des animateurs-producteurs', une revendication qui a suscité des interrogations sur l'avenir de l’audiovisuel public en France.
Le rapport marquera la conclusion de plusieurs mois de travaux politiquement chargés, très discutés par les acteurs clés comme Nagui et Xavier Niel, où le rapporteur a été critiqué pour ses méthodes jugées 'inquisitoriales'.







