Emmanuel Macron se rend du mardi 31 mars au vendredi 3 avril au Japon et en Corée du Sud pour échanger sur les impacts de la guerre au Moyen-Orient.
Initialement programmée pour renforcer les relations économiques et culturelles, la visite d'Emmanuel Macron au Japon et en Corée du Sud, prévue du 31 mars au 3 avril 2026, prend une tournure inattendue à cause du conflit entre les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui a entraîné le blocage du détroit d'Ormuz.
Le Japon et la Corée du Sud dépendent fortement des importations pétrolières en provenance du Moyen-Orient, majoritairement acheminées par ce passage stratégique. Ces deux nations, aux côtés de la France, ont signé une déclaration d’une vingtaine de pays, offrant leur aide pour sécuriser la réouverture du détroit, mais à une condition : lorsque le conflit prendra fin.
Détroit d'Ormuz, G7 en France et région indopacifique
La crise au Moyen-Orient sera au centre des discussions entre le président français, la première ministre japonaise Sanae Takaichi et le président sud-coréen Lee Jae Myung, comme l’a précisé l’Élysée avant le voyage. « Nous sommes également affectés par les répercussions économiques de cette crise, notamment la hausse des prix des carburants », a souligné un porte-parole de la présidence. Les leaders discuteront donc des « solutions communes » à envisager pour faire face aux défis actuels, avec une attention particulière portée à une possible coalition de « volontaires » pour traiter la question du détroit d'Ormuz, comme l’a rapporté la Nouvelle République.
Le gouvernement français insiste sur l'importance d'une approche commune avec Tokyo et Séoul, évoquant la « nécessité du dialogue » et de la « diplomatie comme voie de sortie », surtout alors que les alliés traditionnels des États-Unis montrent des divergences d'opinion quant à l'engagement militaire dans ce conflit.
Emmanuel Macron, qui a mis en avant ses compétences diplomatiques avec le président américain, pourra avoir des échanges constructifs avec Sanae Takaichi. Cette dernière, première femme à diriger le Japon, a pris des positions ultranationalistes et n'a pas caché ses affinités avec l'ex-président Trump, ce qui a suscité des tensions avec Pékin.
Au-delà de ces enjeux géopolitiques, la visite officielle à Tokyo, suivie d'un déplacement en Corée du Sud, marque la première venue d'un président français depuis 2015 et vise à renforcer des partenariats déterminants pour la France dans la région indopacifique, tout en préparant le sommet du G7 prévu en juin à Évian. Le Japon, membre du G7, est aussi un partenaire clé du G20.
Rencontre avec des acteurs stratégiques
Des moments iconiques pourraient jalonner cette tournée : à Tokyo, Emmanuel Macron se retrouvera sous les « sakura », ces cerisiers emblématiques dont la floraison coïncide avec sa visite, et à Séoul, lors d’une rencontre avec des figures de la K-pop, véritable symbole du « soft power » coréen. Accompagné d'entrepreneurs français, il mettra en avant « l’attractivité de la France », en échangeant avec des dirigeants tels que ceux de Softbank, acteur majeur dans le secteur technologique, ou d’Horiba, spécialiste des équipements de recherche, ainsi que des responsables de Samsung ou Hyundai en Corée du Sud.
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