C’est un fait marquant dans la politique française : Bally Bagayoko, candidat de La France insoumise (LFI), a été élu maire de Saint-Denis lors d’un scrutin municipal au premier tour avec 50,77% des voix. À 52 ans, cet homme à la voix calme, connu pour son attitude posée, s’affirme comme l’anti-grande gueule des insoumis.
Prêt à prendre ses fonctions ce samedi 21 mars, Bally fait la fierté de LFI et s’inscrit dans une dynamique nouvelle pour Saint-Denis, la deuxième commune la plus peuplée d’Île-de-France. « C’est une performance exceptionnelle, une illustration de notre détermination », a-t-il déclaré sur LCI le soir de sa victoire, soulignant que cette élection est un aboutissement.
Bally Bagayoko, grand et mince, opte souvent pour un costume sombre agrémenté d’une cravate rouge. Il considère Saint-Denis comme un symbole de l'insoumission, représentant tout ce que l’extrême droite abhorre.
Un parcours de vie admirable
Fils de travailleurs maliens, il a grandi en HLM, affirmant avoir eu une enfance épanouie. Avec un cursus en géopolitique à l’Université Paris 8, il a débuté sa carrière à la RATP. Passionné de basket, il a joué en semi-professionnel et entraîne toujours à l'échelle locale, ce qui lui a permis de tisser des liens dans la communauté.
Son parcours politique débute en 2001 sur une liste communiste, où il est élu conseiller municipal. Sa carrière prend un essor notable lorsque, sans être encarté, il réussit à se faire élire adjoint puis vice-président du conseil général, consolidant sa présence sur la scène politique locale.
Un style apaisé à LFI
Contrairement à ses camarades de LFI connus pour leur rhétorique combative, Bally Bagayoko présente un discours posé. Lorsqu'il s'exprime face aux journalistes, sa capacité à garder son calme est remarquable. Interrogé par BFMTV sur des accusations de liens avec le narcotrafic, il a souligné le caractère irresponsable de la question, mettant en lumière son self-control exemplaire.
Engagé chez LFI depuis 2018, il partage les préoccupations du parti en matière de violence policière, affirmant : « Nous ne sommes pas opposés à la police municipale mais les comportements inappropriés n'ont pas leur place » dans un entretien accordé au média en ligne Le Dédal.
Le Conseil municipal de Bally Bagayoko sera installé le 21 mars, avec d'autres nouveaux maires. Son élection a également fait l’objet d’analyses dans la presse africaine. Le site Financial Afrik évoque même l'idée d'un « Obama français en devenir ». Ce parcours atypique et son engagement local pourraient offrir un nouveau souffle à la commune.







