Une série de chiffres énigmatiques, accompagnée du mot « attention » en persan, émet quotidiennement à 5h30 et 21h30. Des agents américains, relayés par le Financial Times, supputent que ces signaux visent à maintenir le contact avec des agents déployés sur le terrain. Ce code mystérieux, émergé dans le contexte de la guerre en Iran, marque une nouvelle dimension dans le renseignement entre les États-Unis, l'Iran et Israël.
Connu sous le nom de « station de nombre », ce système présente diverses particularités. Tout d'abord, il utilise des ondes courtes qui permettent des transmissions sur de grandes distances, en exploitant la réflexion des signaux dans l'atmosphère. Comme le souligne John Sipher, ancien formateur à la CIA cité par le Financial Times, ce procédé constitue un atout majeur : « Si Internet tombe ou que les lignes téléphoniques sont coupées, il demeure un moyen de communication fiable. »
Ensuite, la complexité du message offre une sécurité accrue. Les messages sont codés d'une manière qui les rend incompréhensibles sauf pour la personne détenant la clé. John Sipher ajoute : « Les séquences numériques sont parfaitement aléatoires et ne peuvent pas être déduites par calcul. » Dans ce cadre, la première émission a été diffusée peu après les premiers bombardements américains, montrant une adaptation rapide aux besoins d'information.
La théorie relative à la provenance des signaux a suscité l'intérêt de plusieurs experts. Après analyse, le groupe Priyom a judicieusement triangulé la position d'origine des transmissions, localisant le signal en Europe occidentale. Le message en persan laisse penser qu'il est destiné à des agents américains sur le terrain, une stratégie explicite pour contrer les défis du renseignement en Iran, où l’infiltration reste ardue, comme l’explique John Sipher.
Robert Gorelick, ancien chef de station de la CIA, avance également d'autres hypothèses. Certains pourraient suggérer que des dissidents iraniens utilisent ces signaux pour échanger des informations à l'intérieur du pays. Bien que cela puisse sembler plausible, l’idée que des réseaux de dissidents opèrent sur une telle fréquence sans l'aval des services occidentaux reste discutable.
Pour finir, quelques analystes envisagent que ces transmissions pourraient avoir un but manipulateur, créant une fausse impression d'espions actifs à Téhéran. Une telle tactique pourrait semer la paranoïa parmi les services de sécurité iraniens. Gorelick conclut : « Si j'étais à la CIA, je considérerais cette méthode efficace pour perturber leurs opérations de contre-espionnage. »







