Âgée de 53 ans, Narges Mohammadi, fervente militante des droits humains, a été appréhendée en décembre dernier après avoir pris la parole lors d'un hommage à un avocat tragiquement décédé. Elle a débuté une grève de la faim dans sa cellule il y a trois jours, selon son avocate, Chirinne Ardakani, qui a partagé ces information ce mercredi.
Emprisonnée depuis décembre, Mohammadi revendique un droit pourtant basique : celui de pouvoir téléphoner. En plus de cette demande, elle souhaite avoir accès à ses avocats en Iran et recevoir des visites, a précisé son avocate basée à Paris. Sa dernière communication avec sa famille remonte au 14 décembre, et c'est par un détenu récemment libéré qu'ils ont appris la voie de la grève de la faim choisie par Mohammadi.
Actuellement enfermée à l’isolement dans la prison de Mashhad, à l’est de l’Iran, elle a été arrêtée avec d'autres militants après une cérémonie qui a précédé le déclenchement d'un mouvement de contestation réprimé avec brutalité par les autorités. Ses partisans soutiennent que l'interdiction de passer des appels vise à la faire taire, par crainte de ses déclarations sur la situation actuelle.
Une tentative de la réduire au silence ?
Des organisations comme Amnesty International ont dénoncé des actes de torture perpétrés lors de son arrestation, affirmant qu'elle a subi des violences physiques. Mi-décembre, sa famille a exprimé des inquiétudes face à sa santé, notant qu'elle souffrait et que les autorités refusaient qu'elle bénéficie d'un examen médical indépendant.
Privée de ses enfants et son mari depuis dix ans
Narges Mohammadi a aussi été incarcérée en novembre 2021 et a été libérée provisoirement à cause de problèmes pulmonaires fin 2024. Malgré les obstacles, son engagement pour les droits humains et pour les prisonniers politiques lui a valu le Nobel de la paix. Ses deux enfants, qui résident à Paris avec son époux, ont reçu le prix en son nom lors d'une cérémonie à Oslo en 2023. Malheureusement, elle n'a pas pu les voir depuis plus d'une décennie.







