Les États-Unis et l'Iran semblent sur le point d'achever un accord crucial pour mettre un terme aux hostilités au Moyen-Orient. Selon le médiateur pakistanais, cette entente pourrait être finalisée dans les 24 prochaines heures.
Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a affirmé sur X que "nous sommes plus proches que jamais d’un accord de paix, et le Pakistan se prépare à la signature électronique de cet accord tout de suite après". Des discussions techniques devraient suivre la semaine prochaine.
Cependant, les informations diffusées par les médias iraniens et américains affichent des divergences significatives. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a souligné que tant qu'un accord complet n’est pas atteint, il est impossible d'affirmer avec certitude qu'un consensus a été trouvé.
Les tensions, à peine apaisées, continuent de se faire sentir en marge des négociations. Le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a récemment rapporté avoir neutralisé plusieurs drones iraniens visant des navires dans le détroit d'Ormuz, tout en précisant que le trafic maritime demeure fluide.
La situation a évolué vendredi, laissant entrevoir une issue salvatrice. Araghchi a déclaré : "Dès que les derniers détails seront réglés, cet accord sera signé. Je reste confiant." Ce compromis comprendrait la levée du blocus sur les ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz, essentiel au commerce mondial d'hydrocarbures, que Téhéran contrôle depuis le début des conflits.
À Washington, un haut responsable a évoqué une probabilité de 80 à 85 % d'aboutir à un accord-cadre, marquant le début d'une période de discussions techniques de 60 jours. Cependant, ce dernier a précisé que l'accord n’est pas encore finalisé.
La Suisse a proposé de servir de lieu pour la signature de l'accord, mais Téhéran insiste pour que cela se fasse virtuellement. En Iran, les réactions sont mitigées. Le quotidien réformiste Etemad évoque une possibilité de sortir de l'impasse géopolitique, tandis que le journal conservateur Kayhan insiste sur le maintien du contrôle du détroit d’Ormuz, qu’il considère comme une faiblesse ennemie.
Ali, un Iranien de 49 ans, a exprimé sa désillusion, déclarant : "Personne ne se soucie des Iraniens", craignant que l'accord ne serve à renforcer le pouvoir en place aux dépens de la population.
Le conflit, déclenché par des frappes américano-israéliennes début 2023, a provoqué des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, ébranlant également l'économie mondiale.
Aux États-Unis, Donald Trump subit des pressions pour se retirer de cette guerre impopulaire à l'approche des élections de mi-mandat. Il a critiqué sur Truth Social l'Iran pour avoir divulgué des informations sur l'accord, affirmant que celles-ci étaient en contradiction avec ce qui avait été établi par écrit.
L'agence de presse iranienne Mehr a publié une version d'une ébauche d'accord en 14 points, remplissant certaines conditions iraniennes, y compris le droit à l'enrichissement d'uranium et la libération de 24 milliards de dollars de fonds gelés. En revanche, le gouvernement américain avance une version distincte, déclarant que l'accord doit aboutir à la réouverture du détroit d'Ormuz et au démantèlement du programme nucléaire iranien, avec récupération de l'uranium hautement enrichi.
M. Araghchi a proposé de dilution des stocks d'uranium enrichi à 60 % à un seuil inférieur à 5 %, éloignant ainsi la menace d'une capacité nucléaire militaire. Téhéran continue de nier toute ambition de développement d'armes atomiques.
Concernant les fonds iraniens, le vice-président américain JD Vance a précisé que ceux-ci ne seront pas libérés simplement par la signature de l'accord, un point central étant donné la situation économique difficile de l'Iran, affectée par des décennies de sanctions.
Pour ce qui est du Liban, un autre volet crucial des discussions, le haut responsable américain a mentionné que ce pays est bien inclus dans l'accord, contrairement à la position précédemment adoptée par Washington. Le Liban a été engagé dans le conflit depuis les attaques du Hezbollah contre Israël le 2 mars, ce qui a entraîné des représailles israéliennes et des milliers de victimes.







