Le conseil de discipline du Service Départemental d'Incendie et de Secours (SDIS) de l'Hérault a pris une décision marquante : la révocation de deux pompiers volontaires de la caserne de Gigean pour des actes de racisme et de harcèlement envers un collègue d'origine maghrébine. Cette annonce fait suite à la publication d'une enquête par Médiapart le 16 novembre 2025, qui a mis en lumière des comportements inacceptables au sein d'un service censé incarner des valeurs de solidarité et d'entraide.
Les faits remontent à 2020, et bien que l'enquête administrative ait duré un an, les révélations ont provoqué une onde de choc. Des propos racistes tels que 'le bougnoule de ses morts' et 'Les arabes n’ont aucun droit à part celui de la fermer' ont été rapportés, illustrant l'ampleur du harcèlement subi par la victime. En outre, des actes de violence physique ont été constatés, un des pompiers ayant attaché la main du jeune collègue au plafond avec des menottes de service, ce qui soulève des questions sur la conduite des agents publics.
Des preuves supplémentaires ont été découvertes, incluant des photomontages pornographiques impliquant la petite sœur, âgée de seulement 10 ans, de la victime, partagés dans un groupe WhatsApp. Ce type de comportement est non seulement illégal, mais également profondément nuisible. Interrogés par Médiapart, les pompiers accusés ont tenté de justifier leurs actes en parlant d'humour, une défense que le conseil de discipline a unanimement rejetée.
La victime, bien qu'ayant subi ces humiliations, n'a pas déposé de plainte formelle, ce qui mérite réflexion sur le climat de peur et d'isolement qui peut exister au sein des casernes. Cette affaire a attiré l'attention de nombreux experts en droits de l'homme et en éthique professionnelle, qui soulignent la nécessité d'une réforme culturelle au sein des services d'urgence pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent. Un membre de l'Union Départementale des Sapeurs-Pompiers a déclaré : 'Il est impératif que nous instaurions un environnement de travail où chaque individu est respecté, quelle que soit son origine'.
Alors que la révocation de ces deux pompiers est un pas dans la bonne direction, il est clair que des mesures doivent être mises en place pour garantir la tolérance et la diversité au sein du SDIS, afin de prévenir de futurs actes de violence et de discrimination.







