Le 2 juillet 2018, le bassin municipal du Teich a vu la perte tragique de Quentin Ruot, un jeune homme de 23 ans atteint d'épilepsie. Engagé dans une sortie encadrée par l’Institut d’Éducation Motrice (IEM) de Talence, il a tragiquement perdu la vie, laissant ses parents, Laurence et Henri Ruot, dans une quête persistante de justice.
Depuis ce jour fatidique, la douleur des Ruot n'a cessé de croître. Les parents ont engagé un long combat judiciaire pour obtenir des comptes. Ils estiment que la noyade de leur fils, survenue dans moins d’un mètre d’eau, est due à un manquement de sécurité de la part des encadrants de l'IEM. "Nous avons confié notre fils et ils nous ont ramené un cadavre", déplore Henri Ruot, la voix tremblante d'émotion.
Initialement, leur plainte avait été classée sans suite, mais après plusieurs démarches, une information judiciaire pour homicide involontaire a été ouverte en 2019. Les avocats du couple, Me Géraldine Dauphin et Me Jean-Christophe Coubris, critiquent l'inertie des procédures judiciaires, qualifiant la situation de "dénis de justice". « Ces délais sont déraisonnables », ajoutent-ils. Les parents s'engagent ainsi dans une action en responsabilité contre l'État.
Des lacunes alarmantes dans la supervision
Quentin était un bon nageur, mais sa condition nécessitait une surveillance constante. "L’établissement connaissait cette condition vitale, mais il lui a fallu une demi-heure sous l’eau avant que quelqu’un ne se rende compte de son absence", déclare Laurence Ruot, soulignant l'inquiétante négligence des encadrants.
Cette négligence a fait l'objet d'une réflexion amère de la part des parents : "Un contrat avait été signé avec une clause de sécurité. On nous avait assurés que l'IEM se substituait aux parents", regrettent-ils.
En janvier 2024, les époux Ruot ont écrit directement au président Emmanuel Macron et au garde des Sceaux, qui leur ont assuré leur soutien. Cependant, aucune avancée n’a été notée dans leur dossier. Ils se battent contre l'inertie d'un système judiciaire qui semble ignorer leur souffrance.
Pour conclure, l’affaire reste une profonde source de douleur pour la famille. "Il ne faudrait pas que ce dossier soit oublié au fond d'un placard", insiste Me Coubris. Malgré les années, les Ruot restent déterminés à obtenir justice pour la mémoire de leur fils.







