Le tribunal administratif de Paris a prononcé, ce mardi 9 juin, le rejet du recours déposé par l'ancien imam de la Grande mosquée de Toulouse, Mohamed Tataï. Ce dernier contestait son expulsion intervenue en avril 2024, suite à des déclarations jugées antisémites.
Mohamed Tataï avait été précédemment condamné en 2022 à quatre mois de prison avec sursis pour provocation à la haine raciale. Lors d'un prêche donné en 2017 devant plus de 3000 personnes, il avait incité les musulmans à agir contre les juifs, en se référant à des hadiths. Une vidéo de ce prêche, largement diffusée sur les réseaux sociaux, avait soulevé une forte indignation.
Suite à son arrestation le 19 avril 2024, Tataï a été expulsé vers l'Algérie. Le tribunal administratif de Paris avait déjà rejeté un recours en référé, décision confirmée par le Conseil d'État. Le 19 mai, la cour a examiné à nouveau le dossier sur le fond, insistant sur le caractère délictueux des propos de l'imam. Dans leur jugement, les juges ont précisé que ces déclarations constituent "une provocation explicite et délibérée à la discrimination, à la haine ou à la violence envers des groupes de personnes."
Les juges ont conclu que ses paroles fondaient l'expulsion de l'imam, selon la législation française sur le séjour des étrangers. Ils ont également déclaré que la décision ne portait pas atteinte de manière grave au droit de l'imam au respect de sa vie privée et familiale.
Vincent Brengarth, l'avocat de Tataï, a exprimé son intention d'aller en appel. Il a également souligné que le cas de son client fait l'objet d'une procédure devant la Cour européenne des droits de l'homme. "Notre client fait les frais d'une politique d'affichage, totalement éloignée de ce qu'il est et de ce qu'il incarne," a-t-il confié, soulignant l'importance des implications de cette affaire sur la liberté d'expression.
Des experts et analystes soulignent que cette décision de justice illustre les tensions persistantes autour de l'enseignement religieux et de l'expression publique en France, particulièrement dans un contexte marqué par des préoccupations croissantes en matière de sécurité et de cohésion sociale.







