Le pôle social du tribunal judiciaire de Mont-de-Marsan a ouvert ce vendredi 10 avril 2026 un débat crucial sur quatre dossiers de victimes liées à des maladies professionnelles sur l'ancien site industriel d'Arjuzanx, dans les Landes. Un rassemblement de soutien, rassemblant des personnes venues de Bordeaux, Toulouse, Pau et Bergerac, a eu lieu devant le tribunal, témoignant de la solidarité envers les victimes et leurs familles.
Ce procès est le fruit de nombreuses attentes et a déjà subi trois reports. Les cas étudiés incluent deux anciens salariés aujourd'hui décédés et deux autres ayant développé des maladies graves, toutes liées à une exposition toxique à l'amiante et au trichloréthylène. Les détails de leurs souffrances sont poignants et témoignent d'une réalité souvent ignorée.
134 victimes de l’ancien site industriel
Selon des données recueillies, l'ancienne centrale d’Arjuzanx compte à ce jour 134 victimes reconnues, parmi lesquelles 46 décès directement attribués à des maladies professionnelles. C'est parmi les 1 323 salariés ayant exercé sur ce site entre 1959 et 1992 que se révèlent ces tragédies. Patrick Dupart, membre de la CGT et ancien employé, témoigne : "De l'amiante, il y en avait partout. Les gens travaillaient à un mètre des machines, avec de la poussière d'amiante dans l'air. Soyez assuré que tout le monde à la centrale respire ce poison."
Son père, qui a également travaillé là-bas, est décédé en 1984 sans que son cancer soit mis en lien avec l'amiante à l'époque. "Nous, à l'époque, on ne savait pas que cela venais de l'amiante. Aujourd'hui, c'est une réalité amère : 46 décès, représentant 10% de l'ensemble du personnel. C'est énorme et inacceptable," déplore Patrick.
Cette affaire suscite de nombreuses réactions. De nombreuses voix, dont celles de médecins et d’avocats spécialisés, s'élèvent pour dénoncer les manquements des entreprises face à la santé de leurs employés. Pour l'expert médical Dr. Jean-Pierre Dupont, "l'héritage de l'amiante est une question de santé publique, et dépouiller une victime d'un juste procès serait un échec de notre société." La mobilisation autour de ces affaires est donc non seulement une question de justice pour les victimes, mais aussi un appel à la responsabilité collective.







