Le Mexique projette de renforcer son indépendance énergétique en lançant le développement de la fracturation hydraulique, une technologie controversée pour l'extraction d'hydrocarbures. Annoncée par la présidente Claudia Sheinbaum, cette initiative soulève des interrogations sur ses implications écologiques et sociales.
La fracturation hydraulique, souvent désignée par le terme anglais "fracking", est un procédé qui permet d'extraire pétrole et gaz emprisonnés dans des formations de schiste. Cette technique, largement adoptée aux États-Unis dans les années 2000, a été soutenue par l'ancien président américain Donald Trump, bien qu'elle ait suscité de vives critiques chez les écologistes.
Les opposants à cette méthode pointent du doigt des risques de tremblements de terre ainsi que de pollution, tout en soulignant le faible rendement énergétique qu'elle peut offrir. Dans ce contexte, Claudia Sheinbaum a affirmé que, face à la réalité énergétique et économique du pays, "la souveraineté énergétique est d'une importance cruciale". Actuellement, 75% du gaz utilisé pour la production d'électricité au Mexique provient de l'importation, principalement des États-Unis.
Le pays possède pourtant des réserves importantes de gaz non conventionnel, principalement situées au nord. La décision de relancer le fracking rompt avec la politique de son prédécesseur, Andrés Manuel Lopez Obrador, qui avait interdit la pratique dans un souci de protection environnementale.
Pour justifier ce revirement, Mme Sheinbaum évoque des "nouvelles technologies" moins polluantes, qui permettraient non seulement de recycler l'eau utilisée, mais aussi de réduire l'emploi de produits chimiques nocifs. Elle a également annoncé la constitution d'un panel d'experts pour éclairer sa décision.
Tout en se tournant vers cette méthode, la présidente réaffirme son intention de promouvoir l'énergie renouvelable, notamment à travers des initiatives solaires. Dans un pays où les enjeux environnementaux et les besoins économiques s'entrechoquent, il sera crucial de surveiller les développements futurs de cette stratégie, qui pourrait redessiner le paysage énergétique du Mexique.







