À une époque où l'achat impulsif d'objets éphémères est de moins en moins courant, la tendance s'oriente désormais vers la réparation et le recyclage. Cette transition est d'une importance cruciale face à l'accumulation de déchets, qui alimente à son tour des incinérateurs et des centres d'enfouissement, menaçant notre environnement.
Il est essentiel pour chacun d’entre nous de prendre conscience de notre consommation et d'adopter un tri efficace de nos déchets ménagers. L'une des actions à portée de main implique la valorisation des biodéchets.
Définition des biodéchets
Commençons par une définition : selon Eurostat, en 2019, la France a généré 546 kg de déchets ménagers par habitant, dont près d'un tiers est constitué de restes alimentaires. Ajoutez à cela les déchets végétaux de jardin, et vous obtenez une belle quantité de biodéchets recyclables :
- Les déchets de cuisine et de table incluent épluchures de fruits et légumes, restes alimentaires, aliments périmés et avariés.
- Les déchets verts du jardin comprennent tontes de pelouse, feuilles mortes, tailles de branches, et résidus de cultures non consommables.
- Les déchets domestiques englobent plantes d'intérieur, mouchoirs en papier, cheveux, sciures et copeaux de bois, ainsi que litières d'animaux.
- Les déchets des petits élevages comportent fumier, plumes et viscères.
Ces matières organiques, qu'elles soient d'origine végétale ou animale, comprennent principalement :
- 44 % d'oxygène, 42 % de carbone, et 6 % d'hydrogène,
- 2 % d'azote, 0,4 % de phosphore, et 2,5 % de potassium,
- Des éléments comme le calcium, le magnésium et le soufre, ainsi que des oligo-éléments nécessaires à la santé des sols.
Les enjeux de la valorisation des biodéchets
Il est illogique de jeter nos épluchures tout en investissant dans des produits de jardinerie tels que terreau et engrais. Ce gaspillage entraîne des coûts inutiles et une augmentation du volume de déchets à traiter, contribuant ainsi à la pollution.
La loi du 10 février 2020 impose un tri à la source des biodéchets à partir du 31 décembre 2023, obligeant ainsi les citoyens et collectivités à s’adapter. Selon le Code de l'Environnement, ceux qui génèrent des biodéchets en quantités significatives doivent :
- Mettre en place un tri à la source,
- Assurer la valorisation sur place ou la collecte séparée pour un usage de qualité.
La loi stipule que le traitement des biodéchets, qu'il soit aérobie ou anaérobie, ne sera considéré comme recyclé que si le résultat est un produit utilisable comme compost ou autre matière recyclée.
Stratégies pour valoriser les biodéchets à la maison
La gestion des biodéchets est cruciale non seulement pour les collectivités mais aussi pour les particuliers. Penser à une valorisation à domicile est une démarche à la fois économique et écologique. Bien que cela ne soit pas toujours possible, plusieurs solutions s’offrent aux ménages.
Les biodéchets peuvent être intégrés dans des pratiques telles que le compostage ou le paillage, transformant ainsi des déchets en ressources précieuses pour un sol fertile. Par exemple, des déchets spécifiques peuvent servir à créer un terreau, du petit bois d’allumage, ou même une litière pour animaux.
Des ouvrages comme Le Guide Terre vivante : Composts & paillages de Denis Pépin fournissent des conseils pratiques pour une gestion réussie des biodéchets, tant individuels que collectifs. Cette nouvelle édition, enrichie par une préface de Marc-André Selosse, met également en lumière l'évolution juridique récente en matière de compostage.
Éditions Terre vivante - 9 mars 2022 – 384 pages – 35 €







