Faire réparer son électroménager, un geste écoresponsable devenu plus coûteux : c'est la réalité d'une grande partie des consommateurs en 2023. Le « bonus réparation », censé inciter à la réparation plutôt qu'à l'achat d'un nouveau produit, n'a pas suffi à endiguer cette hausse des tarifs.
Une aide qui n’a pas porté ses fruits
Malgré la mise en place du bonus réparation, destiné à compenser jusqu'à 60 euros des frais de réparation, son efficacité est largement remise en question. La CLCV (Consommation, Logement et Cadre de Vie) a souligné dans son dernier rapport qu'en 2023, les frais de réparation avaient bondi de 10 à 15%. Alors que 500 000 réparations étaient escomptées, seulement 165 000 en ont effectivement bénéficié.
En moyenne, le bonus couvre à peine 17% du coût total d'une réparation, soit environ 23 euros pour une facture de 136 euros. L'impact varie en fonction des appareils : pour les téléphones portables, par exemple, le bonus atteint 28% des coûts, tandis qu'il ne représente que 18% pour les lave-linge et lave-vaisselle.
Un accès limité aux réparateurs certifiés
L'autre problème majeur réside dans le nombre insuffisant de réparateurs labellisés « QualiRépar ». Avec à peine 4 700 réparateurs en France, leur distribution géographique est inégalement répartie, rendant l'accès à ces services difficile pour de nombreux utilisateurs. Les petites entreprises, pénalisées par des coûts de labellisation élevés, se trouvent souvent contraintes de ne pas se faire certifier.
Pour remédier à cette situation, les organismes Ecosystem et Ecologic ont annoncé une réduction des frais de labellisation, qui passeront de 407 à 200 euros pendant trois ans. Cependant, il est encore incertain si ces mesures seront suffisantes pour encourager plus de réparateurs à s'engager dans ce processus.
Alors que les initiatives de durabilité et de réparabilité sont sur toutes les langues, la question demeure : comment rendre les réparations accessibles et incitatives pour le grand public ?







