Cette image emblématique représente la milice du collège de Figeac et intrigue de nombreux passionnés d’histoire locale. Récemment mise en lumière par Brigitte Abad, cette photographie appelle à des recherches pour identifier ses protagonistes et le photographe.
Une découverte au moulin de Béduer
Provenant de l'atelier du photographe Lestrade, cette photo, imprimée sur un papier albuminé de format A4, remonterait à avant 1880. Elle immortalise 46 collégiens au garde-à-vous, dont l'un brandit le drapeau tricolore, entouré d'un sous-officier, d'un prêtre et d'un tambour de ville.
C’est en rangeant le moulin de Béduer, situé près de la confluence du Céle et du Drauzou, que Brigitte Abad a fait cette découverte : "En vidant des pièces qui étaient remplies d'objets entassés, j'ai trouvé des photos de famille, une vue de notre moulin des années 1930, et celle de la milice de Figeac, qui m'était inconnue dans mes souvenirs familiaux. Malheureusement, je n'ai jamais pu discuter de cela avec ma grand-mère, qui aurait pu reconnaître l’un de nos ancêtres."
Des recherches menées par un archiviste
Intrigué par cette trouvaille, Christophe Galinon, archiviste de Figeac, s'est engagé dans des recherches approfondies. "L’uniforme de la milice, similaire à celui des mobiles de 1870, nous donne un indice sur la période juste après cette date, précise-t-il. Parmi les personnages sur la photo, un prêtre pourrait être Jean-Baptiste Tréneule ou l'abbé Bonaventure Massabie, tous deux curés de Notre-Dame-du-Puy, ou l'un de leurs vicaires."
Pour approfondir ses investigations, il a sollicité Nelly Blaya, photographe retraitée du conseil départemental du Lot. Nelly s'est penchée sur les archives concernant Lestrade, le photographe itinérant mentionné dans Le Mémorial de Figeac en 1874 et 1875, dont l’atelier était situé au 19 boulevard Juskiewenski.
À la recherche du photographe
Au cours de ses recherches, Nelly a retrouvé des traces d’un Antoine Gaspard Lestrade, né à Brest en 1842. Ayant ouvert son propre atelier à Montmartre dans les années 1860, il a collaboré avec le photographe Joseph Alfred Pattou. Après avoir épousé une autre photographe en 1873, il se retrouve installé à Nice en 1879, puis à Marseille en 1888. De nombreuses questions demeurent : ce même Lestrade a-t-il réellement photographié à Figeac et faisait-il des allers-retours entre ces villes ? Antoine Gaspard Lestrade décède à Marseille le 10 décembre 1894. Cette exploration photographique continue de révéler les mystères d’un passé local riche et captivant.







