Chaque année, près de 500 000 interventions chirurgicales sont réalisées sur des genoux en France, selon la Société française de chirurgie orthopédique et traumatologique (Sofcot). Ces chiffres, révélateurs, nous montrent que la chirurgie du genou évolue, répondant aux besoins d'une population vieillissante mais aussi d'une jeunesse de plus en plus active sur le plan sportif. Le professeur Christophe Hulet, actuel président de la Sofcot et chirurgien orthopédique au CHU de Caen, souligne l'importance de cette évolution pour les générations futures.
Les lésions méniscales et ligamentaires, courantes parmi les athlètes, sont souvent à l'origine de douleurs et d'incapacités fonctionnelles. Les jeunes sportifs, notamment, peuvent souffrir des effets à long terme de telles blessures, qui les empêchent souvent de retrouver leur niveau antérieur de performance. Ainsi, la chirurgie du genou ne concerne pas uniquement les personnes âgées ayant besoin de prothèses, mais aussi les jeunes en quête de réhabilitation après des blessures sportives.
Christophe Hulet note que chaque année, environ 60 000 reconstructions du ligament croisé antérieur sont effectuées en France. Avec l'avènement de techniques modernes, le traitement de ces blessures est devenu plus spécifique, prenant en compte la condition psychologique et les objectifs sportifs des patients. Des outils diagnostiques avancés, incluant l'imagerie par résonance magnétique, offrent désormais une cartographie exhaustive des lésions et aident les chirurgiens à élaborer des plans de traitement sur mesure.
En ce qui concerne l'autogreffe, cette méthode bien établie consiste à utiliser des tissus du patient lui-même pour remplacer des ligaments endommagés. Le Dr Bertrand Sonnery-Cottet a récemment publié des travaux dans le Lancet, attestant que les récidives peuvent être réduites à 8 % grâce à des techniques d'évaluation améliorées et un suivi adapté. Toutefois, il souligne que les blessures ne sont jamais totalement évitables.
Concernant l'arthrose, le professeur Jean-Noël Argenson, spécialiste à l'hôpital de la Timone à Marseille, explique que cette condition survient lorsque le cartilage s'efface entre les os, conduisant parfois à la nécessité d'une prothèse totale. À mesure que la population vieillit, il est prévu que le nombre de prothèses du genou pose augmente de 30 % d'ici 2030. Les matériaux utilisés dans les prothèses modernes sont de plus en plus adaptés à l'anatomie du patient, avec des innovations telle que la chirurgie assistée par robot, qui fournit des informations en temps réel.
Les attentes des patients ont également évolué. Autrefois, les priorités se résumaient à pouvoir marcher et jouer avec des petits-enfants. Aujourd'hui, les patients aspirent à des activités plus ambitieuses, comme gravir des sommets. « Il faut savoir équilibrer l'envie de performance et ce que le corps est capable de supporter », précise Hulet.
À l'avenir, il est crucial de continuer à améliorer les techniques chirurgicales et la prise en charge des patients, tout en mettant l'accent sur la prévention. La santé du genou dépend fortement du poids corporel et de l'entretien musculaire, des éléments qui doivent être intégrés dans toute stratégie de soins. Appeals à une meilleure éducation autour des pratiques sportives pourraient également permettre de limiter les blessures graves.
Ainsi, la chirurgie du genou s'affirme comme un domaine en pleine mutation, fusionnant technologie, science et humanité pour transformer véritablement la vie de milliers de patients chaque année.







