À l'aube des soldes d'été, l'Ademe révèle une étude incisive sur nos comportements d'achat en matière de mode. Face à l'essor des marques de fast fashion et des plateformes de vente de seconde main, quels sont réellement les effets sur notre garde-robe? Détectons ensemble les chiffres marquants qui illustrent cette problématique.
Notre garde-robe : une réalité surprenante
En moyenne, chaque Français acquiert 13 nouvelles pièces de vêtements chaque année, sans compter les sous-vêtements et accessoires. Cependant, la plupart d'entre nous sous-estime la quantité de vêtements que nous possédons : alors que nous pensons avoir près de 79 articles, la réalité s’élève à 175 pièces par individu. Comment expliquer cette divergence? Plus de la moitié de ces vêtements restent non portés, illustrant un vaste arsenal de mode stationnaire : environ 120 millions de vêtements achetés il y a plus de trois mois restent inutilisés.
Détaillons un peu plus : en moyenne, chaque personne possède 18 t-shirts (dont 10 non portés pour les femmes), 11 hauts, 11 pantalons et 6 manteaux. Ce surplus devient invisible lorsque nous faisons la rotation entre les garde-robes d’été et d’hiver, comme l'explique Marie Quéru, influenceuse en écologie d’intérieur. Cette méthode de rangement peut mener à une néo-consommation, remettant régulièrement en question ce que nous avons déjà.
Les préférences d'achat des Français
Les enseignes de fast fashion séduisent 45% des consommateurs, avec des marques telles que H&M et Zara, tandis que le shopping en boutique demeure la méthode d'achat la plus prisée, représentée à 56%. Contrairement à une perception populaire, l'âge moyen des consommateurs de fast fashion se situe à 43 ans, contre 46 ans pour la population générale. La clientèle des marques d'ultra fast fashion, quant à elle, est majoritairement constituée de jeunes adultes, avec une moyenne de seulement 38 ans.
Secondes mains : une opportunité à saisir
Près de 42% des Français s’intéressent au marché de la seconde main, principalement via internet. Vinted se démarque en captant 90% du marché. Pour beaucoup, ces plateformes sont surtout perçues comme des opportunités d'économiser de l'argent, avec une moyenne de 115 euros économisés par an. Si ces initiatives sont souvent considérées comme un geste écologique, l’étude souligne que certains utilisateurs revendent des articles peu portés pour acheter davantage, retournant ainsi dans un cycle consumériste.
Notons qu’un nouveau dispositif d'affichage environnemental sera introduit à l'automne 2025, permettant aux consommateurs de mieux évaluer l'impact de leurs choix vestimentaires. Ce système, bien que volontaire pour les marques, pourrait apporter une nouvelle dimension éthique à notre consommation.







