La carte handicap n'a pas été intégrée dans le système, menant à une vague d'amendes pour cette famille en difficulté.
FPS. Trois lettres, symbole de la nouvelle génération d'amendes de stationnement, font le quotidien de nombreux automobilistes. À Bordeaux, la famille d'Anne se trouve plongée dans un véritable cauchemar administratif.
Une situation tragique
Retour en 2021 : le fils d'Anne est diagnostiqué avec un handicap à 80%. Espérant une vie plus simple en quittant Paris pour Bordeaux, elle s'organise pour bénéficier des droits de stationnement associés à la carte mobilité inclusion. Cependant, un bug dans le système et un oubli de mise à jour de son adresse de carte grise plongent la famille dans la tourmente.
Entre 2022 et début 2024, chaque fois qu'elle se gare, sa voiture est flashée par des caméras de contrôle automatisé. Ce n'est qu'en janvier 2024 qu'Anne découvre avec horreur une saisie de 4 720 euros sur son compte, accompagnée de 67 amendes dans son courrier. "J’étais vraiment choquée", se souvient-elle.
Elle se lance alors dans des démarches pour contester ces amendes. Le tribunal du stationnement payant lui donne partiellement raison, mais la procédure reste complexe : chaque amende doit être contestée individuellement, et la municipalité de Bordeaux lui réaffirme son droit à un stationnement gratuit.
"Les montants prélevés par erreur n'ont pas été remboursés, malgré les décisions de justice."
Anne se retrouve confrontée à une bureaucratie qui semble inébranlable. Bien que la Ville n'ait pas fait trop d'obstacles, elle n’a toujours pas récupéré les sommes indûment prélevées, dépassant désormais le délai de six mois attendu. "C’est un enchaînement administratif kafkaïen", critique-t-elle. De plus, cette expérience n’est pas isolée. D’après Yann Livenais, président du tribunal du stationnement payant, la tendance des contestations liées aux droits des handicapés augmente : "Nous sommes passés à 13,5% en 2025. Beaucoup de personnes ne savent pas que les LAPI peuvent ne pas reconnaître leur carte de mobilité inclusion. Je les conseille de faire des recours dès qu’elles reçoivent une amende."
La mauvaise nouvelle est que ces cas redoublent à Bordeaux et ailleurs, mettant en lumière une problématique plus vaste que celle d'une seule famille. Cette crise soulève des questions fondamentales sur l'efficacité des systèmes administratifs qui sont censés protéger les plus vulnérables.







