Après un mois passé à l'hôpital Bichat à Paris, Roland et Julia Seitre, un couple originaire de Touraine, partagent leur quotidien avec France Inter. Ils faisaient partie des passagers du MV Hondius, un navire sur lequel plusieurs cas d'hantavirus ont été signalés en mai dernier.
"Aujourd'hui, c'est mon anniversaire, et j'aurais préféré le passer ailleurs que dans une chambre", confie Roland. Le couple fait partie des quatre Français encore sous observation, alors qu'ils auront terminé leur période d'isolement le 21 juin. Leurs journées se déroulent à l'intérieur d'une chambre de 20 m², à pression négative, où les fenêtres restent fermées et la porte est soigneusement scotchée pour éviter toute contamination.
Bien que Roland se sente en bonne santé, il déplore les conditions strictes de confinement. "On ne peut pas vraiment sortir, même en bonne santé. Ça fait une différence de savoir qu'on pourrait le faire." Il exprime également un sentiment d'inégalité face aux autres passagers, notamment les ressortissants étrangers qui ont été autorisés à rester chez eux après une période de confinement initiale plus courte. "Pourquoi, nous, nous devons rester ici plus longtemps ?" questionne Julia. "Les Anglais, les Hollandais, les Belges et les Allemands sont confinés chez eux depuis le début, alors pourquoi pas nous ?"
Les deux retraités souhaiteraient reprendre leur isolement à domicile à Marray, conformément à ce qui leur avait été initialement promis. Ils ont tenté de contacter le ministère de la Santé à deux reprises, mais n'ont reçu aucune réponse.
En attendant, Julia et Roland se contentent d'une promenade de moins d'une heure dans la cour de l'hôpital, équipés de masques et respectant les distances de sécurité. Des analyses pour détecter la présence du virus ou d’anticorps sont effectuées deux fois par semaine, toutes négatives jusqu'à présent. "Nous avons vraiment envie de sortir davantage et de retrouver nos enfants et notre petite-fille", conclut Julia. Cette expérience en isolement a indéniablement laissé des marques sur leur psychisme, et ils espèrent bientôt pouvoir retrouver le monde extérieur.







