Le député européen Raphaël Glucksmann, qui se positionne comme potentiel candidat à la présidentielle, propose une solution audacieuse dans son livre à paraître jeudi : l’organisation d’une convention citoyenne dédiée à la question de l’immigration. Dans des extraits publiés par le Nouvel Obs, il fait entendre sa voix face à un débat souvent évité.
« Au lieu de fuir le sujet migratoire, nous souhaitons l'assumer pleinement en mobilisant une convention citoyenne », explique M. Glucksmann. Il imagine un panel de citoyens tirés au sort qui, représentatifs de la population, seront confrontés à des enjeux démographiques, économiques et sécuritaires. Le processus serait entièrement transparent et destiné à produire des recommandations soumises au vote des parlementaires.
Cette initiative s’inscrit dans la lignée des conventions citoyennes mises en place par Emmanuel Macron, lesquelles ont été couronnées de succès sur des thèmes tels que le climat ou la fin de vie.
Dans son livre intitulé Nous avons encore envie (Allary Editions), Glucksmann propose également un service civique obligatoire. Il y voit une occasion pour les citoyens de se rencontrer et de contribuer ensemble à l’intérêt général, dans un cadre qu’il qualifie de « nouveau contrat patriotique ».
Parmi ses priorités, il énonce l’éducation, promettant d’accroître substantiellement la rémunération des enseignants, d’augmenter le nombre de personnels en contact direct avec les élèves, tout en réduisant le personnel administratif et en appliquant le principe de mixité sociale dans tous les établissements d’enseignement financés par les contribuables. Ce souci d’égalité trouve un écho dans ses autres propositions.
En réponse aux statistiques révélant une baisse significative de fréquentation des colonies de vacances par les jeunes, Glucksmann envisage la création d’un « passeport pour l’émancipation », garantissant à chaque enfant la possibilité de participer à des séjours collectifs. Cela vise à lutter contre l’isolement croissant des jeunes générations.
Sa vision s'étend à un « nouveau contrat social et fiscal en faveur des travailleurs », tout en appelant à un rééquilibrage de la taxation entre travail, capital, retraite et héritage. L'ouverture de ces discussions serait essentielle pour un futur plus équitable, bien que Glucksmann reconnaisse la controverse entourant la taxe Zucman sur les plus hauts patrimoines.
Enfin, il appelle à une réforme des retraites juste et ambitieuse, prenant en considération les évolutions démographiques et la pénibilité des métiers. Son ambition : transformer la France en un moteur de la puissance européenne sous l’égide d’une « nouvelle révolution industrielle » axée sur l'écologie.
Positionné sur un axe social-démocrate et pro-européen, Glucksmann se démarque également comme une voix critique envers La France Insoumise. Bien qu’il n’envisage pas d'officialiser sa candidature avant septembre, il veut bâtir un soutien autour de ses idées, à travers la publication de son livre et un meeting programmé à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) le 13 juin.







