La compétition électorale s’intensifie à gauche avec l’annonce officielle de Karim Bouamrane, maire socialiste de Saint-Ouen, qui a déclaré ce mardi sur France Inter : « Je suis candidat pour être le prochain président de la République ». Ce lancement de campagne survient dans un contexte de fragmentation interne à la gauche et consolide sa position en tant qu’alternative aux figures actuelles comme Jean-Luc Mélenchon.
À 53 ans, Bouamrane aspire à revitaliser un espace social-démocrate en déclin. Ses critiques envers le Parti socialiste d’Olivier Faure et la France insoumise témoignent de sa volonté de se démarquer et d’atteindre un public au-delà des frontières classiques de la gauche. Sa démarche a été amorcée avec le lancement de son mouvement intitulé La France humaine et forte à l’automne 2024, qui vise à instaurer un cadre plus inclusif et pragmatique.
Une candidature ancrée dans le quotidien
Pour étayer son offre politique, Bouamrane met en avant son parcours de terrain. Il insiste sur la nécessité d’une « France forte », « humaine » et « ancrée dans le réel », se distanciant ainsi des querelles internes des partis de gauche. Son programme met l’accent sur les préoccupations des citoyens : logement, pouvoir d’achat, éducation, sécurité et accès aux soins.
Élu en 2020, Bouamrane a su capitaliser sur son identité d’un élu d’origine maghrébine, faisant entendre sa voix durant les Jeux olympiques de Paris 2024, lors desquels Saint-Ouen accueillait une partie du village des athlètes.
Un adversaire de taille pour Mélenchon
Au-delà des ambitions personnelles, sa candidature dessine une véritable bataille idéologique. Bouamrane s’est progressivement imposé comme l’un des critiques les plus incisifs de Jean-Luc Mélenchon. Lors de son announcement, il a dénoncé les politiciens qui privilégient un discours de division, insistant sur l’importance de rassembler plutôt que de créer des antagonismes.
En Seine-Saint-Denis, les relations entre les partisans de Bouamrane et de Mélenchon sont particulièrement tendues, illustrées par le conflit récent autour d’un projet local. De plus, ses interactions sur le terrain pourraient le positionner favorablement face à LFI, notamment dans les quartiers populaires où le parti de Mélenchon a souvent tiré son épingle du jeu.
Une opportunité pour le Parti socialiste
Au sein du Parti socialiste, bien que la direction prône encore une candidature unie, les stratèges considèrent la candidature de Bouamrane comme un atout. Sa capacité à s’engager sur le terrain électoral de La France insoumise pourrait lui permettre de rétablir des ponts avec un électorat populaire en révolte contre l’établissement traditionnel de la gauche.
Certains membres du PS voient en Bouamrane une carte à jouer, capable de raviver l’intérêt d’une base qui semble s’être éloignée du parti au fil des dernières décennies. Cependant, des critiques émergent de la part d’autres factions de gauche, qui pointent du doigt la multitude de candidatures comme source de division.
Néanmoins, des allégations récentes, mises en lumière par une enquête de Radio France, soulèvent des préoccupations autour de la transparence de certaines embauches au sein du département de Seine-Saint-Denis, où Bouamrane occupe un poste influent. L’élu a contesté les accusations et se défend en mettant en avant le sérieux de ses actions.







