Par Matthieu Le Gall
L'affaire tragique de Lyhanna met en lumière les profondes défaillances du système judiciaire français. Loin d'évoquer un simple manque de ressources, les experts s'accordent à dire qu'il s'agit de « défaillances graves » et de « dysfonctionnements » au sein de l'institution, à l'égard desquels le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, et son gouvernement semblent fuir toute responsabilité.
Depuis plusieurs jours, l'exécutif transmet un message visant à protéger ses dirigeants tout en évitant d'aborder les véritables enjeux structurels de la justice, notamment son incapacité à répondre efficacement aux victimes de violences sexuelles. Bien que le budget du ministère ait augmenté de 54 % sur la dernière décennie, cela n'a pas permis de diminuer la surcharge de travail dans les parquets. Pourtant, le ministre prétend ignorer un rapport d'inspection qui établit un lien entre les retards de traitement des affaires de pédocriminalité et la disponibilité des ressources. Ce document, bien que présenté par certains médias comme fondamental, n'a pas été rendu public par son ministère.
Dans les tribunaux, la multiplication des circulaires issues de la place Vendôme n’a pas réussi à clarifier les priorités des magistrats. Cela est particulièrement évident avec la dernière directive qui demande de prioriser « les procédures dont les victimes sont des mineurs », tout en maintenant une attention sur « d'autres affaires prioritaires ». En s'accrochant à cette posture, le gouvernement continue de tourner le dos aux véritables besoins des victimes, telles que celles de l’affaire Lyhanna, qui méritent une écoute et une action appropriées.







