Pour la première fois, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a annoncé le 9 juin une proposition d'interdiction d'entrée dans l'Union européenne pour toute personne ayant servi dans les forces armées russes depuis le début de la guerre en Ukraine. « Nous proposons de fermer l'entrée de l'UE à ceux qui ont participé à l'invasion », a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse à Bruxelles.
Selon von der Leyen, cette mesure vise à garantir que « l'Europe reste inaccessible à quiconque a participé à l'invasion de l'Ukraine, c'est aussi simple que cela ». Cette initiative répond aux demandes pressantes de plusieurs États membres, notamment les pays baltes, qui estiment qu'il est inacceptable que les soldats russes puissent voyager librement en Europe après avoir combattu.
Cette interdiction est intégrée dans un 21e paquet de sanctions contre la Russie, alors que le conflit s'intensifie. L'UE prévoit également de suspendre le mécanisme actuel qui maintenait le prix du pétrole brut russe environ 15% en dessous du marché. Ce dispositif, en place par le G7, vise à limiter les revenus de la Russie, qui sont essentiels à son effort de guerre.
D'après von der Leyen, les revenus énergétiques de la Russie ont déjà chuté d’environ 40% depuis le début de l'année 2026. Pour contrer cette tendance, la présidente propose de suspendre le mécanisme d'ajustement automatique, qui avait été fixé à 44,10 dollars le baril.
De plus, ce nouveau plan cible également le secteur de la pêche, en prévoyant des restrictions sur l'importation de certains produits, notamment sur la morue, avec une interdiction totale.
Face à la nécessité de contrer le contournement des sanctions par certains pays, la Commission envisage d'ajouter 14 entreprises chinoises à la liste noire de celles interdites de commerce avec l'UE. Des restrictions sur les transactions en cryptomonnaie seront aussi mises en place pour limiter leur utilisation comme moyen de contourner les sanctions financières.
« Nos sanctions continuent de frapper durement et de causer de graves dommages. Elles sapent les fondements économiques de l'effort de guerre de la Russie », a affirmé von der Leyen. Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie de l'UE, a récemment évalué à environ 1.500 milliards d'euros les pertes économiques que la Russie subit à cause des sanctions.







