Samedi dernier, la capitale serbe a vu se rassembler un impressionnant cortège de manifestants sous le slogan « les étudiants gagnent », exigeant des élections anticipées. Ce rassemblement, marqué par le désir de changement au sein du système politique, est l'un des plus significatifs depuis des mois, à la suite de l'effondrement tragique de la gare de Novi Sad qui a fait 16 morts, un événement perçu comme le signe d'une corruption endémique en Serbie, comme l'affirme le mouvement citoyen, rapporte Le Monde.
Les manifestations en Serbie n'ont pas fléchi depuis dix-huit mois, affichant des pics de participants, comme les 300 000 rassemblés le 15 mars 2025 pour dénoncer les dérives du gouvernement d'Aleksandar Vucic. Les étudiants, en première ligne, espèrent redynamiser la mobilisation après un grand rassemblement sur la place Slavija, où la police a estimé la participation à environ 34 300 personnes. Un groupe de surveillance, Arhiv javnih skupova, a annoncé que les images laissaient entendre que ce rassemblement serait l'un des plus massifs de l'histoire récente de la Serbie.
Des tensions en fin de manifestation
Après la fin pacifique du rassemblement, des incidents violents ont éclaté à proximité, ciblant les forces de l'ordre. Des manifestants ont été interpellés après avoir affronté la police avec des pierres et des projets, poussant le procureur général à promettre des poursuites. Ce climat de tension a été exacerbé par les déclarations du président Vucic, qui a dénoncé des images « nuisibles pour la Serbie ».
Voix étudiantes et appel à l’unité
Vuk Vucin, un étudiant de 22 ans, a expliqué que ce rassemblement était essentiel pour montrer que les jeunes n'ont pas perdu leur détermination face au pouvoir. Andjela, une étudiante en architecture de 24 ans, a également souligné l'importance de ce moment sur la scène politique. Leurs voix résonnent avec celles de nombreuses autres personnes présentes, témoignant d'une volonté collective de changement. Ils sont conscients que « cette force, c'est le nombre » et affirment leur intention de continuer la lutte jusqu'à obtenir des résultats, des perspectives partagées avec l'ensemble des manifestants selon des témoignages recueillis sur place.
En parallèle, le Conseil de l'Europe a exprimé des inquiétudes face au traitement policier des manifestations, évoquant des allégations d'usage excessif de force et de violations des droits des manifestants,, une situation qui soulève des interrogations sur les pratiques de gouvernance en Serbie.







