La cour d'assises de la Gironde a ouvert ce lundi 8 juin un procès remis au goût du jour pour des crimes vieux de presque vingt ans. Lionel Agullo, un sexothérapeute de 68 ans, se retrouve face aux accusations de viols commis dans le cadre de son cabinet à Périgueux, en 2007.
Ce procès est le troisième que subit Agullo, déjà condamné à plusieurs reprises pour des abus sur ses patientes. Bien que la première plainte n'ait été instruite qu'en 2012, c'est en novembre 2021 que les audiences avaient réellement commencé, et l'accusé avait alors fui à l'étranger avant d'être arrêté en Espagne deux ans plus tard. En févriers 2024, il a été condamné à douze ans de réclusion criminelle.
« C'est une affaire qui pèse lourd dans la mémoire des victimes, d'autant plus que les conséquences de tels actes sont durables », commente Me Nadège Trion, avocate de la partie civile. L'impact psychologique de cette situation est aussi subjectif que marquant : « Ma cliente souffre encore des séquelles laissées par ces abus », ajoute-t-elle.
L'avocat d'Agullo, Me Alexandre Novion, a souligné que la gravité de la sentence précédente avait étonné : « Mon client était bien perçu par ses patients. L'idée qu'il ait exercé sa profession pour abuser de femmes semble insoutenable », a-t-il déclaré, tout en rappelant l'importance de la présomption d'innocence.
Agullo, relativement calme, a tenté de discréditer les témoignages en affirmant que la souffrance de son accusatrice pourrait être liée à des événements antérieurs. « Les déclarations varient selon le contexte. Je maintiens mon innocence », a-t-il déclaré durant son témoignage.
Le jugement est attendu ce mercredi 10 juin, déterminant ainsi le sort de cette affaire qui a profondément marqué la communauté.







