Le Relais, une organisation centrale dans le secteur de la collecte et du tri des textiles, a récemment déclaré qu'elle est contrainte de réduire ses collectes de manière significative et de mettre fin à 60 emplois d'insertion. Cette décision est le résultat d'une "dégradation insoutenable" de l'équilibre économique dans le secteur, selon le communiqué de l'organisme.
"Cette réorganisation signifie une diminution d'environ 15.000 tonnes de vêtements collectés et la suppression d'une soixantaine d'emplois", a précisé Le Relais. Des conteneurs de collecte seront également retirés pour faire face à cette situation précaire.
Déjà l'année dernière, les professionnels de la filière avaient tiré la sonnette d'alarme concernant l'énorme volume de textiles à collecter et le nombre limité de débouchés. Le Relais fait face à des coûts de collecte et de stockage en forte augmentation, ce qui complique davantage la situation.
Une offre de vêtements débordante
En tant que membre du mouvement Emmaüs, Le Relais a illustré le ras-le-bol de l'industrie en déversant des tonnes de vêtements devant des magasins comme Kiabi ou Decathlon. L'organisme a réclamé une meilleure gestion de la contribution textile pour améliorer la santé économique de la filière.
Actuellement, un montant de 3 centimes est prélevé à chaque achat de vêtement neuf, mais Le Relais rapporte qu'il ne reçoit que 0,8 centime par article. Cette situation est particulièrement préoccupante compte tenu de la quantité croissante de vêtements, atteignant environ 260.000 tonnes par an, en hausse de 15.000 tonnes par rapport à 2021, due à la fast-fashion.
Des débouchés qui se réduisent
Les perspectives ne semblent guère meilleures du côté des débouchés. Selon les données de l'éco-organisme Refashion, 60% des textiles triés sont réutilisés, mais beaucoup finissent à l'étranger, souvent en raison de leur qualité inférieure. Les partenaires africains, par exemple, commencent à acheter directement auprès des producteurs chinois, rendant l'exportation de textiles usagés plus difficile.
Pour les spécialistes, il est crucial de renforcer l'économie circulaire sans ignorer les causes profondes de cette crise : un système qui valorise davantage le tri que la collecte et une surconsommation préoccupante.







